‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 66 sur 424 · IV. — LA CÉRAMIQUE · texte numérisé non relu

IV. — LA CÉRAMIQUE

La céramique grecque. — Ses origines. — Corinthe. — Quant à la céramique, elle avait déjà créé presque toutes

1. Pline, XXXIV, 19. Les concurrents, choisis eux-mêmes pour juges, s'étaient, disait-on, donné chacun la première place et avaient unanimement donné la seconde à Polyclète. Thémistocle avait obtenu de même le prix de la valeur après Salamine. Les autres concurrents étaient Crésilas, auteur d'une statue de Périclés, Kydon, Phradmon, connu surtout comme sculpteur d'animaux

2. On attribuait à Phidias des poissons dont Martial disait : « Donocz-leup }e l'eau, et ils nageront. Adde aquam : natabunt.v

i. On sait quelle fut l'importance des sceaux au moyen âge. 4* M. Collignon et 0. Rayet. Histoire de la Céramique grecque.

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ses formes, dont Télégance n'a pas été dépassée. C'est à tort qu'à propos de la céramique antique on parlait surtout de vases étrusques. Cette erreur d'attribution vient de ce que les premiers vases ornés de l'antiquité qui attirèrent l'attention des savants au xvii^ siècle furent découverts en Étrurie ; mais une grande partie des vases trouvés en Étrurie même sont d'origine grecque, et ce sont certainement les plus remarquables. Les céramistes de la Grèce l'emportent sans comparaison, aussi bien parla beauté des lignes que par la perfection du travail, sur les potiers toscans, qui d'ailleurs s'empressèrent de les imiter. Sans parler de fragments de poteries découvertes à Santorin et dans les Cyclades (et dont quelques-uns remontent au xviii* s. av. J.-C), Corinthe paraît avoir été la première ville delà Grèce où se soit constituée une grande école de céramique artistique ; la tradition disait que c'est là qu'on avait inventé le tour à potier.

Période primitive. — Les plus anciennes poteries témoignent par leur décoration d'une imitation orientale décidée. Elles sont ornées de bandes d'animaux, qui bientôt alternent avec des sujets mythologiques. Les figures sont d'un brun pâle souvent relevé de violet. Dès le vu» siècle, nous avons des œuvres vraiment remarquables, telles que le vase dit de Dodwel à Munich, représentant la Chasse du sanglier de Calydon ; un grand nombre de vases du Louvre, par exemple celui qui représente le Départ d'Hector, et un vase du musée d'Athènes, sur lequel on lit les plus anciennes signatures de céramistes grecs que l'on connaisse : Kharès et Timonidas de Corinthe*. Des artisans de Corinthe répandirent cette industrie des vases peints jusqu'en Toscane, où les émigrations corinthiennes sont rappelées par l'histoire de Démarate et de Tarquin. Plus tard, les potiers d'Athènes rivalisèrent avec ceux de Corinthe et, au n-e siècle, imposèrent leur style à toute la Grèce.

Deuxième période : vases à peintures noires. ~ Du milieu

t. Les signatures de céramistes anciens f^ont d'ailleurs fort nombreus<*<»

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du vi« au milieu du v« siècle, les vases sont caractérisés par des peiBtures noires sur fond rouge, jaune ou blanc. On distingue dans cette période plusieurs périodes secondaires.

lo On peut donner pour type de la plus ancienne le vase du Louvre fait en l'honneur d'Arccsilas, roi de Cyrénaïque. — 2° La seconde peut être appelée l'école à.' Ergotime et de Clitias, et a pour type principal la coupe de Florence que, comme nous l'apprend la signature de ces artistes, Ergotime a modelée et Clitias ornée de dessins. — 3° Vient ensuite l'école de Nicosthènes, dont on a plusieurs vases signés dans divers musées de l'Europe, notamment au Louvre. — 40 Les vases tels que celui àeTiniagoras au Louvre, et surtout l'amphore du musée d'Athènes représentant l'exposition d'un mort, nous conduiront à la période suivante. Troisième période : vases à peintures rouges. — Dans cette

période, quoiqu'il y ait encore des peintures noires, et qu'elles se conservent même jusqu'aux temps macédoniens dans les amphores panathénaïques^ , pour lesquelles on respectait les traditions, les peintures sont en général rouges et se déta- •^hent sur un fond noir. Ce système est en usage à Athènes dès le temps des guerres médiques. « Les caractères généraux de ces vases, dit M Collignon, s'opposent à ceux des

Fig. 5S. — Vii.se lie NicosLhonos.

1. Les amphores panathénaïqnes étaieat données en prix aux vainqueur» des Panakhéuées. Elles oonten^tient un peu d'huile da l'olirier sacN

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