‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 65 sur 424 · ÉCOLE D'ARGOS. — POLYCLÈTE · texte numérisé non relu

ÉCOLE D'ARGOS. — POLYCLÈTE

parfaite des proportions du corps humain unissait l'exactitude la plus suivie dans le détail. Mais on disait aussi dans l'antiquité même : « Si Polyclète imite mieux le? hommes, c'est Phidias qui est le sculpteur des dieux' Polyclète s'était distingué dans les statues d'athlètes.

Il avait écrit un traité des proportions du corps humain , et , de même qu'il avait fait la théorie , il donna l'exemple dans son Doryphore, qui fut le canon ou la règlf de Polyclète. « Mais, comme le remarque M Guillaume, le canon fut un résumé d'école, et non le point de départ dune école nouvelle. » Gai- après Polyclète les sculpteurt poursuivirent la réali

sation d'un autre type. //x^:^^^%. ^^^^^^ Quoi qu'il en soit, la statue du Doryphore ■< été très souvent itproduite avec plus ou moins d'exactitude dans l'antiquité, mais y-.-^.u-x.

aucune imitation fran- '"^^'^^^ .i'A.gos. - JonoudePré

chement satisfaisante n'est parvenue jusqu'à nous. Nous sommes plus heureux avec son Diaduniène, jeune athlète levant le bras pour ceindre son front d'une bandelette. Sans parler du Diadumène Farnèse, on a retrouvé récemment à Vaison une statue analogue. Le Louvre l'a très malheureusement laissé échapper : elle compte aujourd'hui parmi les œuvres qui font le plus d'honneur àu Musée Britannique. Nous pouvons nous faire aussi une idée, par une réplique du musée de Berlin, de cette Amazone blessée qui affirma aux yeux de toute la Grèce la supériorité du sculpteur d'Argos, puisque c'est par elle qu'il l'emporta dans un concours ouvert en 444 sur ce sujet parla ville d'Éphèse

1. Comparer, dans Vasari, la discussion entre Brunelleschî et Donatello, ao sujet d'une statue du Christ. — Comme architecte, Pol3'clète a élevé le Théâtr* d'Épidaure; le Tholos ou rotonde {ibid.) e«t attribue à lui ou à son fils Polyclète le jeune.

entre tous les sculpteurs grecs, concours auquel Phidias avait pris part*. Mais la statue la plus connue de Polyclète était la Junon chryséléphantine d'Argos, qui fut pour la leine de l'Olympe ce que fut le Jupiter Olympien pour « le maître des hommes et des dieux ».

La ciselure et la gravure en pierres fines : Mentor. — A cette époque l'art du sculpteur se manifestait avec une égale supériorité dans les œuvres de petite dimension. Le ciseleur Mentor était placé par les anciens au niveau des plus illustres sculpteurs.

Les sculpteurs qui faisaient d'ordinaire des œuvres monumentales ne dédaignaient pas ce genre de travaux : Myron, Kalamis, Phidias, Polyclète 2. L'usage des sceaux, des cachets et des bagues à chaton gravé donna dès les temps anciens une véritable importance à l'art des pierres gravées. C'est à Samos que cet art avait d'abord brillé : avec Mnésarque, père de Pythagore ; avec Théodore, qui grava la célèbre émeraude que Polycrate avait jetée à la mer pour conjurer la Némésis. Une loi de Solon défendait aux graveurs pour anneaux de garder chez eux une empreinte de l'anneau qu'ils avaient fabriqué et vendu à un particulier. En effet, l'empreinte aurait pu servir à donner ce qui était alors l'équivalent d'une fausse signature^. Mais cet art, comme celui de la gravure en médailles ou plutôt en monnaie, qui produisit cependant des œuvres d'une grande beauté, ne devait arriver à son apogée qu'à la période suivante .

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