LE MUSEE
ielplie de réunir au continent, par une chaussée de 1,300 mètres l'îlot rocheux de Pharos, qui était en avant du port d'Alexandrie , et d y élever une tour de 135 mètres de haut, destinée à porter des feux pour servir de signaux aux navigateurs. L'on appela bientôt phares les constructions analogues. Ptolémée Philadelphe réalisa également le conseil donné par Démétrius de Phalère à Ptolémée I^"" Soter, en fondant les deux bibliothèques d'Alexandrie. L'une de ces bibliothèques occupait une partie du Sérapéum, dont on a parlé plus haut, et qui
Fig. 76. — Les temples de l'île de Philae.
est le monument le plus caractéristique de l'Egypte grecque (V. p. 29). La bibliothèque du Sérapéum finit par comprendre 400,000 volumes. Les autres volumes, que les rois égyptiens firent rassembler au nombre de 300,000, formaient la bibliothèque du Muséum. Le Muséum comprenait, outre la bibliothèque, des salles pour l'étude; d'autres balles servaient pour des cours soit de science, soit de littérature; car ce fut une des nouveautés de cette institution , que de réunir ainsi les deux principales branches du savoir humain. On y entretenait aux frais du trésor royal des hommes distingués, que l'on y attirait souvent de fort loin, savants, poètes, érudits,
L'ART ORIC
critiques. Le musée est le premier type de ces grands établissements scientifiques qu'on a élevés dans les temps modernes »n Europe et aux Etats-Unis, mais sans jamais l'égaler, à ce qu'il semble.
Art industriel. — L'industrie n'était pas moins développée ^•hez les Alexandrin? que la science. « Ce que ce peuple a su faire dans le domaine de l'industrie, dit Ebers, est vraiment étonnant Saas parler des inventions mécaniques d'un Ctésibios
ou d'un Héron, qui construi- -^aient dans la paix du Musée les automates, des clepsy-
'Ires, des pompes foulantes, des orgues hydrauliques, et découvraient la puissance de la vapeur, les tissus alexandrins, depuis la grossière couverture de cheval jusqu'au tapis fin artistement brodé en couleurs, depuis l'étofle de laine blanche jusqu'aux pièces de soie teinte , n'étaient-ils pas célèbres dans le monde entier? L'art des constructions navales était porté à sa perfection ; les voitures de uxe dont les riches citadins se servaient pour parader dans ;a rue n'étaient pas moins renommées que les produits de la tabletterie. Les tables en bois de thuya à pieds d'ivoire qu'on fabriquait là coûtaient jusqu'à 237,500 francs. »
La gravure sur pierres fines, l'orfèvrerie, la joaillerie, y produisaient des chefs-d'œuvre. Le Camée Gonzaga (aujourd'hui en Russie), représentant Arsinoé et Ptolémée; la Coupe des Ptolcmces (Bibliothèque nationale) ; la Tazza Farnèse, sardonyx d'un pied de diamètre (musée de Naples), comptent parmi les plus belles œuvres de glyptique que l'on connaisse. Le? pierres gravées prennent alors des dimensions considérables et cess9nt d'être de simples cachets. On a retenu entre
Fig. 77. — (.oiipe des Ptoliimées.
(Paris, Bibliothèque nationale.)