CHAPITRE PREMIER
«ARACTÈRE GÉNÉRAL DE l'aRT ÉGYPTIEN. — SES PLUS ANCIENS MONUMENTS.
Ancienneté de l'art égyptien : Mènes. — Caractère égyptien. — Force de la tradition. — Sentiment religieux. — Respect des morts. — Les Pyramides. — Le Labyrinthe.
Ancienneté de lart égyptien : Menés. — Le premier en date des arts vraiment constitués es;t l'ar't é^^ypiien, et c'est un étonnement toujours nouveau que celui que
1. Maspero, Arckrologie êpjptienne. — Fr. Lenormaml, llisioiie iinrieime. - ■ Pierret, Dictionnaire archéologique de l'Egypte. — Les catalogues du Musée égvfitieu du Louvre. — La Description de l'Egypte publiée à la suite de l'expédition de Bonaparte. — Perret et Chipiez, Histoire de l'art dans l'antiquité, 1" vol. — Les ouvrages de J. Capart, Les Débuts de l'Art Egyptien, etc. — Morgan, Les Premières Cmlisations. — Choisy, L'Art de bâtir chez les Egyptiens. — F. Benoit, L^ Architecture.
Peyre. — Hist. des B.-Arts. 1
fait naître l'incroyable ancienneté de la civilisation égyptienne, attestée encore aujourd'hui par des édifices dont
La masse indestructible a fatigué le temps.
Quand Menés réunit en un seul empire les divers Etats qui s'étaient déjà formés dans le bassin du Nil, des villes importantes y existaient. Il fonda Meraphis, y éleva un grand temple au dieu Ptah et rectifia, au moyen d'une digue qui subsiste encore en partie, le bras occidental du fleuve. Or, entre Menés et Périclès il y a plus de siècles qu'entre Périclès et nous, et cependant un art égyptien préhistorique antérieur à Menés est attesté par des édifices d'Abidos, de Giseh, et peut-être par le grand Sphinx.
Le caractère égyptien : force de la tradition ; idée de la mort. — Il ne faut donc pas s'étonner, quelle qu'ail été chez les Égyptiens la puissance de la tradition, que l'art égyptien, dans cette longue suite de siècles, ait subi plus d'une révolution, comme la société elle-même; qu'il ait présenté plus d'une période de décadence, pour se relever ensuite. L'idée qu'on se faisait de la prétendue immobilité de l'art égyptien a été justement ébranlée par îes études des archéologues et des artistes modernes. Gep<îndant l'art égyptien est toujours resté analogue à luimême, et il est un exemple mémorable de l'influence que les idées et la constitution d'un peuple, de l'influence que la religion et les croyances surtout exercent sur les conceptions esthétiques, comme sur les formes des monuments.
Ce qui frappait surtout le voyageur dans le caractère des Egyptiens, c'était le sentiment religieux et la grande place qu'ils donnaient à l'idée de la mort. Sans doute ils n'en formaient pas moins un peuple énergique, aimable et gai, et ils ont su appliquer l'art à des édifices de toute sorte ; mais leurs plus beaux monuments furent des temples et des tombeaux. Jamais la demeure des morts n'eut plus d'importance que chez les Egyptiens. On a pu dire