‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 97 sur 424 · Stupet in titulis et imaginibus. (Horace · texte numérisé non relu

Stupet in titulis et imaginibus. (Horace

2. La statue de Cornélie se voyait au temji^s de Pline dans le portique d'Octavie.

èTATUES HONORIFIQUES

décret da sénat. Ces sévérités ne décourageaient personne. Chaque ville n'en continuait pas moins à élever des statues à ses bienfaiteurs, ou à ses célébrités, plus ou moins connues ailleurs. Il est vrai que cette marque de reconnaissance ne coûtait pas toujours fort cher à la municipalité qui la décrétait. Celui qui était l'objet d'une pareille faveur se chargeait souvent de la dépense; et lorsqu'il s'agissait d'honorer une célébrité nouvelle à bon compte, on se contentait de changer la tête d'une statue déjà faite. Parfois la légèreté avec laquelle cet honneur était décerné dépassait toute mesure. Pline le Jeune dans son gouvernement de Bithynie, eut à s'occuper de l'affaire d'un certain philosophe Archippus, auquel on avait élevé plusieurs statues, et qu'on reconnut bientôt après avoir été condamné aux mines comme faussaire.

Principaux types de construction créés par les Ro mains. — L'art romain nous ap[)araît comme complèteluenl constitué et arrivé à son apogée au siècle d'Auguste. 11 possède les formes caractéristiques de son architecture : l'aqueduc à arcades, la route dallée, la basilique, le cirque, ramj)hithéâtre, l'arc de triomj)he, les thermes, la colonne monumentale el les divers types de ses monuments funéraires.

Appius Claiidius, qui a joué un grand r(Me dans l'histoire politique, cons

Fig. 88. — Cirqu«.

titutionnelle et littéraire de son pays, occupe une place plus importante encore dans son histoire monumentale. Pendant sa censure (313), il donnait à Rome son premier aqueduc à arcades et sa première route pavée ou plutôt dallée, la voie Appienne. Marcus Porcins Cato (Caton r Ancien) fit construire en 185 la première basilique ro-

maine * ; Stertinius, en 196, les deux premiers arcs de triomphe. Si les amphithéâtres furent en bois jusqu'à celui de Statilius Taurus (30 av. j.-C), si le cirque Maxini. nVnt probablemeni des gradins de pierre qu'au

temps de César, dès l'an

^^ 'lée 230 av. J.-C. Flami-

Fi-, sy.

Columbarium.

nius avait fait construire un cirque tout entier en maçonnerie. La première colonne monumentale dont on ail gardé le souvenir est la colonne rostrale élevée en l'honneur de Duilius (260 av. J.- C). Les Grecs n'avaient connu que des piliers isolés sur lesquels on plaçait la statue d'un dieu, pour qu'elle fût plus facilement aperçue de la foule. Les thermes publics étaient nombreux dès la fin de la république L'architecture funéraire présentait la forme soit de columbarium, pièces carrées dont les

murs contenaient des cages pour les urnes, soit de constructions circulaires à base carrée et généralement surmontées d'une pyramide (tombeau de Cécilia Métella, veuve du triumvir Grassus, sur la voie Appienne), ou de terrasses plantées d'arbres toujours verts (mausolée d'Auguste). Le sarcophage de Scipion Barbatus (Vatican), morl en 208, témoigne par la pureté de son dessin que le sentiment du goût ne faisait pas défaut aux Romains de l'an-

1. Lus basiliques éU«ient un lieu de rendez- vous pour les négociants, gen.4 d'afluircA et au.^si les oisifrt. Elles serrirsot plus tard aux tribuaa

F'\g. 90. — Sarcophage de Scipioi Barbatus.

i Hadric

PROCÈDES DE COxN STRUGTION 161

cien temps. D'ailleurs la curieuse inscription qui y est gravée rappelle non seulement les hauts faits tl les vertus, mais la beauté du défunt, Rome s'était aussi assimilé, à la fin de la République, les différents types do l'architecture grecque, le théâtre S le temple à frontons et à colonnes, le ])orlique.

La colonne juxtaposée

à l'arcade. — Mais , par un défaut de logique qui aurait choqué les Grecs, l'architecture romaine applique la colonne de chaque côté de l'arcade poui lui faire porter une fausse architrave engagée déjà dans le mur, et fait d'un élément de support un simple motif de décoration; elle tire souvent, il est vrai, d'heureux effets de cette disposition. Ell«» n'hésite pas non plus à superposer les ordres de colonnes et à employer à chaque étage d'un édifice des ordres différents : loscan à l'étage inférieur, puis ionique, cnfm corinthien. Le corinthien a été l'ordre favori des Romains; ils l'ont heureusement varié en substituant aux feuilles d'acanthe à peu près droites soit d'autres feuilles d'acanthe plus longues et plus flexibles, soit des feuilles d'olivier, comme au Panthéon et à la Maison carrée de Nîmes. Plus tard, ils créeront V ordre composite, qui superpose les volutes d'ioniques au feuillage corinthien.

Procédés de construction, tendance à l'utile. — L'habileté pratique que nous signalions plus haut dans les conceptions architecturales des Romains s'affirme plus nettement encore dans la manière dont ils conduisaient

1. Sur les JiiTéreaces des théâtres grec et romain, V. Martha, p. 154. Le premier tiiéàlre permanent en pierre de Rome fut celui que Pompée fit construira « Bon retour d'Orieit, à rimilation du théâtre de Mitylène.

leurs travaux*. Même dans la construction des voûtes, qui présente souvent de grandes difficultés techniques , ils surent employer des moyens d'exécution : 1° plus faciles, c'est-à-dire exigeant des travailleurs moins de connaissances professionnelles ou moins d'efforts; 2° plus économiques; 3° plus rapides.

Jamais le soldat ne devait rester oisif, et on l'occupait même pendant la paix, depuis qu'il y avait des armées permanentes, à des travaux publics quelquefois inutiles ou superflus. On chercha des procédés de construction assez simples pour qu'ils pussent être appliqués par les premiers venus, des esclaves, des condamnés. Dans les provinces on appelait par une sorte de levée en masse les hommes libres même les plus étrangers à l'art de bâtir. Les Romains n'abandonnèrent jamais tout à fait, du moins pour les revêtements, l'appareil grandiose des grandes pierres de taille appareillées sans ciment, surtout lorsqu'on avait des carrières à proximité, comme en témoignent les blocs énormes des Arènes de Nîmes et du pont du Gard. Mais presque partout, hors de Rome, la plus grande partie des constructions était faite en petits matériaux réunis au mortier, en briques, en maçonnerie concrète, ce qui n'exigeait aucune éducation spéciale. On profitait même du terrain autant qu'on le pouvait, comme le montrent les amphithéâtres de Fréjus et de Saintes, découpés en partie dans des élévations naturelles du sol. Si l'architecte manquait de cailloux ou de terre à brique, il faisait du moellon avec du mortier durci. S'agissait-il même d'une voûte, les chefs d'atelier élevaient en certains points calculés d'avance des arcades de briques qui servaient à diriger le travail des manœuvres. Mais malgré l'aspect grandiose de ses monuments, et les proa^rès pratiques de ses procédés de construction, l'architecture romaine reste inférieure à la grecque. Vitruve^ et même Valérius d'Ostie, l'architecte du Panthéon, n'égalent pas Phidias. C'est qu'à Athènes l'artiste recherchait avant tout la

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