‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 172 sur 704 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

d’un autre tour que joua le même nécromancien, au moyen duquel il tua UN grand nombre de tüllans en dansant.

Titlacauan eut recours à une autre surpercherie, après avoir combattu et vaincu les susdits ennemis. Se voyant le corps couvert de plumes riches appelées tociuitl, il voulut que tous les Toltèques se livrassent à la danse et qu’un crieur s’élevât sur la sierra de Tzatzitepell pour inviter tous les Indiens du dehors à venir folâtrer dans une fête, chose qu’ils s’empressèrent de faire en venant en foule innombrable à

1. Bustamante fait ici une note qui ne me paraît pas juste; en voici la traduction : « Ce mot de Toueyo ne se trouve pas dans le dictionnaire. Il semble qu’il signiñe plébéien ou (le basse extraction. sVoyez, pour éclaircissement, livre X, chap. xxix, §§ 8 et 9 9.

2. Quetzalapanecayotl est composé de quetzalli, plume riche, et de apanecayoll ; — Xiuhchimalli est formé de xiuül, turquoise, et chimalli, bouclier.

HISTOIRE DES CHOSES

Tullan. Quand ils furent tous réunis, Titlacauan amena à l’endroit aj)pelé Texcalapan' cette fourmilière d’hommes, avec jeunes Allés et enfants, et il se mit à folâtrer, danser, chanter au son du tamhour, toute l’assistance l’accompagnant dans ses sauts et sa réjouissance en répétant les versets à mesure qu’il les chantait. Il chantait chaque vers aux danseurs et chacun s’efforcait de le répéter, lors même qu’il ignorait l’air dont il devait être accompagné. Ils continuèrent ces folies jusqu’à près de minuit, qu’on appelle llatlapitzalizpan^. Gomme les danseurs étaient innombrables, ils se poussaient les uns les autres et plusieurs, perdant pied, allaient tomber dans le ravin de la rivière Texcaltlauhco^ où ils étaient changés en rochers. Il y avait là un pont de pierre ; le nécromancien le détruisit et tous ceux qui prétendaient y passer se voyaient précipités dans la rivière oii ils étaient métamorphosés en pierres. Les Toltèques ne comprenaient ni ne devinaient en cela l’intervention du nécromancien, car ils étaient coiùme en état d’ivresse et sans cervelle. A peine commençaient-ils à danser, qu’ils se poussaient les uns les autres jusqu’à ce qu’ils tombassent dans l’eau.

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