‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 205 sur 704 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Ui:s AUTRliS JOURS DE CE SIGNE, DONT uUELgUES-UNS SONT HEUREUX ET QUELQUES AUTRES MAI.HEUREUX.

Le second jour de ce signe s’appelait orne maçall. On disait qu’il était malheureux. Celui qui naissait ce jour-là n’avait de bonheur d’aucune espèce. Il était timoré, lâche, ombrageux, s’effrayant de toute chose et toujours prêt à trembler de peur.

Le troisième jour de ce signe s’appelait ei lochlli. On disait qu’il était heureux. Ceux qui y naissaient gagnaient facilement leur subsistance avec peu de ti'avail. Ainsi que les lapins se nourrissent de 1 herbe des champs, sans avoir besoin de travailler pour se la pro-

HISTOIRE DES CHOSES

curer, l’ayant toujours à leur portée; de même ceux qui naissaient dans ce signe devenaient riches sans beaucoup de peine.

Le quatrième jour de ce signe s’appelait naui atl. On le disait malheureux. Ceux qui y naissaient vivaient sans cesse dans la pauvreté, l’affliction et la tristesse; le contentement et la joie n’étaient jamais leur partage, et s’ils arrivaient à gagner quelque chose, tout cela leur glissait des mains.

Le cinquième s’appelait On le disait malheureux,

parce que c’était le jour du dieu de l’enfer, appelé Mictlanteculli.

Le sixième jour s’appelait chiquacen oçomatli. On le disait malheureux. On différait le baptême de ceux qui naissaient ces jours-là jusqu’au septième jour, appelé chicóme malinalli ; car on croyait que le septième jour de tous les signes était généralement heureux, à cause du nombre sept. C’est ce jour-là qu’on les baptisait et qu’on donnait son nom à chacun.

Le huitième jour s’appelait chicuei acall, et le neuvième, chiconaui ocelotl. On les disait malheureux, et ceux qui y naissaient vivaient dans l’infortune. On ne les baptisait que le jour suivant qui était appelé matlactli quauhtli et que l’on disait propre à remédier à la mauvaise influence des jours précédents; mais pour cela, il était nécessaire de faire une grande pénitence.

On disait que le dixième jour était heureux et que ceux qui y naissaient jouissaient d’une bonne fortune, étant, au surplus, audacieux et pleins de courage dans les choses de la guerre et dans les entreprises périlleuses. Le onzième jour s’appelait matlactli oce cozcaquauhtli. On le disait heureux et ceux qui y naissaient mouraient dans une vieillesse avancée. Le douzième jour s’appelait matlactli omome ollin, et le treizième, 'matlactli omei tecpatl. On disait les jours appartenant à ces derniers chiffres heureux dans tous les signes, et ceux qui y naissaient jouissaient d’une bonne fortune; car, en général, du dixième jour jusqu’au dernier, la croyance était à une influence heureuse et l’on possédait la conviction que ceux qui y naissaient étaient gratifiés d’un sort forluné.

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