CHAPITRE XXXV
DES CÉRÉMONIES QU’ON FAISAIT EN BAPTISANT LE NOUVEAU-NÉ; DE l'iNVITATION QUE l’on ADRESSAIT AUX ENFANTS
QUAND ON LUI DONNAIT SON NOM DE BAPTÊME, ET DE l’ALLOCUTION QUE LES VIEILLARDS FAISAIENT A L’ENFANT ET A SA MÈRE.
Ce baptême se faisait au lever du soleil. On invitait, pour lors, tous les enfants et on leur servait à manger. Quand la naissance avait lieu dans un bon signe, le baptême se célébrait à l’instant; mais s’il n’était pas opportun d’en agir ainsi, on le différait jusqu’au troisième, septième ou dixième jour, afin d’avoir le temps de se pourvoir des
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choses nécessaires pour le banquet des invités. Le jour étant venu, les vieillards mangeaient et buvaient, saluaient l’enfant et la mère et disaient au nouveau-né : « Mon petit-fils, tu es venu dans un monde « oii tu auras à soulfrir des peines et des fatigues, parce qu’il y en a « en grand nombre. Peut-être vivras-tu longtemps; peut-être réussira- « t-on à t’élever et pourrons-nous jouir de ta présence; car tues « l’image de ton père et de ta mère, le bourgeon et le rameau neuf « de tes aïeux et de tes ancêtres, que nous avons connus quand ils « vivaient dans ce monde. » Après ces paroles et autres semblables, ils caressaient l’enfant, lui portant la main sur la tête en signe d’amour. Ils passaient ensuite à la mère et lui parlaient en ces termes : « Ma « fille ou ma dame, vous avez eu du mal à accoucher de votre enfant, « qui est aimable comme une i)lume riche ou une pierre précieuse. « .lusqu’à présent, vous ne formiez qu’un être, vous et votre enfant, « mais maintenant vous êtes deux personnes distinctes; il vivra par « lui-même et chacun de vous doit mourir pour son compte. Peut-être « jouirons-nous de votre enfant et le verrons-nous profiter queh[ue « temps. Nous le regarderons comme un collier de pierres précieuses.
Prenez courage, ma fille, et ayez soin de votre santé. Gardez-vous « de tomber malade par votre faute et ayez soin de votre fils. Remarte (juez bien qu’il y a des mères peu soigneuses qui tuent leurs ente fantsen dormant, et quelquefois, si elles ne leur retirent avec soin les et tétons de la bouche, leur palais se perfore et ils meurent. Attention! te puisque notre Seigneur nous l’a donné, que nous ne le perdions pas et par votre faute. C’est assez ; il n’est pas nécessaire de vous mortitt fier plus longtemps par nos paroles. «