‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 243 sur 704 · SUITE DU TRAITÉ DE CE MOINE · texte numérisé non relu

SUITE DU TRAITÉ DE CE MOINE

« Les Indiens qui comjircnaient très bien les secrets de ce cercle et de ce calendrier ne les enseignaient et ne les dévoilaient qu’à un petit nombre, parce que c’était leur gagne-pain et la base de leur réputation d’hommes sages et doctes. 11 est vrai que presque tous les adultes connaissaient la durée de l’année et savaient la situation et le signe dans lequel ils se trouvaient ; mais, quant aux secrets et aux calculs qui y correspondaient, ces maîtres en l’art de calculer étaient seuls à les connaître. Pour comprendre les divisions dont les indigènes faisaient usage et savoir comment ils calculaient les temps d’après les cercles et les signes, inscrits ici, il y avait des règles que l’on va voir à la suite. »

RÉFUTATluN DE CE QUI PRÉCÉDÉ.

11 a déjà été dit que le calendrier est distinct de cette manière de compter et n’a rien de commun avec elle. Le calendrier contient les mois de toute l’année, ainsi que les jours, les semaines et les fêles fixes. Il était connu de tous les satrapes, de tous les ministres des idoles et de tous les gens du peuple, parce que c’est facile et que cela intéresse tout le monde. Pour ce qui est de la manière de compter de l’art divinatoire, faussement appelée calendrier, c’est un compte à part, attendu que son but consiste à deviner les événements de la vie de ceux qui naissent dans chaque signe. Cela n’était connu que par les devins et par ceux qui avaient des aptitudes à l’apprendre, parce qu’il y a beaucoup de difficultés et de choses obscures. On appelait tonalpouhque les savants en cette matière; ils étaient très estimés et fortement honorés; ils passaient pour prophètes et connaisseurs des

HISTOIRE DES CHOSES

dioses rulares. Aussi avait-on recours à eux en cas de doute, de même que les fils d’Israël recherchaient les prophètes de leur temps. Cet auteur prétend qu’il y a vingt mois dans l’année, et cela n’est pas vrai, puisqu’il n’y en a que dix-huit. 11 dit aussi que les semaines sont de treize jours ; or, cela n’est pas exact, puisqu’elles n’ont que cinq jours et qu’il y a quatre semaines, ou plutôt quintaines, dans un mois. Les treize jours qu’il appelle une semaine ne désignent que la durée de chacun des vingt signes de cet art divinatoire, ainsi que cela ressort clairement de ce quatrième livre, qui en a traité. Voici la tahle et la manière de compter que suivaient les devins dans cet art.

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