‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 323 sur 704 · SELON LE SIGNE SOUS LEQUEL IL ÉTAIT NÉ · texte numérisé non relu

SELON LE SIGNE SOUS LEQUEL IL ÉTAIT NÉ

Aussitôt que l’enfant avait vu le jour, on se mettait en mesure de savoir sous quel signe il était né, afin de connaître son sort à venir. A cet effet, on se rendait chez le devin appelé tonalpouhqui, ce qui veut dire celui qui sait connaître la fortune de ceux qui naissent. Celui ci s’informait d’abord de l’heure de la naissance, et la personne qui le consultait le renseignait à cet égard. Le devin se mettait alors à feuilleter ses livres et à chercher le signe qui correspondait au rapport qu’on venait de lui faire. 11 demandait ensuite si l’enfant était né de nuit ou de jour et s’il était venu au monde à minuit. S’il était né avant cette heure, cela regardait le signe du jour précédent. Si la naissance avait eu lieu après minuit, elle appartenait au signe du jour qui suivait. Mais, si l’enfant était né à minuit juste, on plaçait la naissance sous les deux signes dont l’un précédait et l’autre suivait cette heure-là. Si le nouveau-né était venu au monde près du jour naissant ou après le lever du soleil, la naissance appartenait au signe qui régnait ce jour-là et à toutes les autres influences qu’il entraînait. Lorsque le devin était informé de l’heure de la naissance, il cherchait aussitôt dans ses livres le signe qui lui correspondait, et tous les autres signes secondaires qui en dépendent, et qui sont au nombre de treize. Quand le signe principal était mauvais, si, par aventure, l’un des treize signes secondaires qui en dépendent était favorable et annonçait une bonne fortune, le devin disait aux parents de l’enfant et aux vieillards : « Votre fils est né sous un bon signe; il sera seigneur ou sénateur, ricbe, homme redoutable, belliqueux, brave et intrépide à la guerre. Il s’élèvera à un rang distingué entre ceux qui commandent dans la milice. Il saura vaincre et donner la mort. » Le devin disait quelquefois aussi : « L’enfant n’est pas né sous un bon signe; le sien est désastreux; mais il y a en lui quelque signe secondaire qui en dépend et qui tempère, en l’améliorant, cette mauvaise influence. » Il marquait ensuite le jour du baptême en disant : « On le baptisera d’ici à quatre jours. »

Lorsque le signe était absolument contraire et ne possédait aucun correctif favorable, le devin annonçait à la famille le mauvais sort réservé à l’enfant pour être né sous un signe malheureux, dont l’influence était sans remède; il disait ; « Ce qui arriveras cet

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enfant, c’est qu’il sera vicieux, charnel et voleur. Sa fortune est malheureuse. 11 aura beau travailler, s’efforcer, thésauriser ; son labeur et ses bénéfices finiront par passer en fumée; ou bien, il sera paresseux et dormeur. » Quelquefois aussi, le devin prédisait que ce serait un ivrogne. Il disait encore que l’enfant vivrait peu sur la terre, ou bien que le signe était indifférent, moitié bon, moitié mauvais.

Cela dit, il cherchait un jour favorable pour le baptême, c’est-à-dire qu’on ne le baptisait pas le quatrième jour, mais bien en une journée que l’on tenait pour fortunée dans les douze qui appartenaient au signe principal. On donnait au devin, pour sa séance, à manger et à boire, quelques mantas, d’autres choses encore, comme des poules et une charge de comestibles.

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