‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 325 sur 704 · DE LA CÉRÉMONIE · texte numérisé non relu

DE LA CÉRÉMONIE

Le baptême des jeunes filles était semblable à celui que nous venons de décrire pour les garçons; à cette différence près, cependant, que pour les filles on apprêtait d’avance les vêtements et autres objets en usage pour les femmes. On faisait pour elles les mêmes prières que nous venons de détailler à propos des garçons. Lorsque l’accoucheuse lavait les mains, le corps et les pieds, elle faisait une prière appropriée à chaque partie : aux mains, pour demander que l’enfant ne fût pas une voleuse ; au corps et aux aines, pour qu’elle ne fût point charnelle, et ainsi de suite pour les autres parties. Elle parlait très bas en priant, de façon qu’on entendait à peine ce qu’elle disait. Aussitôt qu’on finissait toutes les cérémonies, elle enveloppait la petite fille dans ses langes, on la rentrait dans la maison, et, en la couchant, l’accoucheuse adressait la parole au berceau en ces termes : « O toi qui es la mère de tous, qui t’appelles Yoalticitl et dont le giron est destiné à recevoir tout le monde, voici venir sur la terre cette petite fille qui est descendue d’où résident les dieux suprêmes, au delà du neuvième ciel. Elle est venue sur la terre, parce qu’elle a été envoyée par nos père et mère le grand dieu et la grande déesse, pour y souffrir dans les labeurs et les fatigues ; elle se met

entre tes mains, car c’est toi qui dois l’élever sur ton giron, attendu qu’elle nous est envoyée par nos père et mère les dieux célestes Yoaltecutli, Yacauiztli et YamaniliztU'-. » Après avoir prononcé ces mots à voix basse, elle ajoutait en s’adressant toujours au berceau : « O toi qui es sa mère, reçois-la ; ô ma vieille, prends bien garde de faire aucun mal à cette enfant; tiens-la mollement. » Cela étant dit, l’accoucheuse mettait la petite fille dans son berceau et ses parents attendaient ce moment pour prononcer les paroles qui suivent; « 0 toi qui es sa mère, reçois cette enfant que nous te confions. » Après cela, ils se livraient tous à la joie, en mangeant et en buvant \’oclli qui est le vin du pays. On appelle cela joi//auano ou tlacoçolaquilo , ce qui veut dire : remise de l’enfant au berceau

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