DE LA TOILETTE DES DAMES
Les dames faisaient usage de uipilli brodés et tissus de plusieurs manières différentes. Elles avaient aussi l’habitude de varier l’aspect de leurs visages en se fardant de couleurs rouge, jaune ou d’un noir fait avec de l’encens carbonisé et mêlé avec de l’encre, sorte de vernis qui leur servait également à se noircir les pieds. Elles laissaient pousser leurs cheveux jusqu’à la ceinture, quelques-unes seulement jusqu’aux épaules, tandis que d’autres ne les gardaient que sur les tempes et les oreilles en les coupant ras sur tout le reste de la tête. Quelques dames nattaient leurs chevelures avec du fils noir de coton et les ramenaient sur la tête en formant des tresses qui contournaient le front, ainsi qu’elles le font encore aujourd’hui. Quelques-unes avaient les cheveux plus longs et elles prenaient soin de les couper tous de la même longueur pour se donner plus d’attraits, de telle façon qu’en en formant plusieurs nattes elles étaient partout égales. Il y avait des dames enfin qui se coupaient les cheveux ras sur toute la tête.
Les femmes avaient aussi l’habitude de se teindre les cheveux avec un limon noirâtre ou avec une plante verte appelée xiuhquilill^, afin de les rendre plus luisants sur une nuance brune. Elles se frottaient les dents avec une substance rouge tirée de la cochenille et elles avaient l’habitude de se teindre les mains, le cou et la poitrine. Les dames avaient aussi la coutume de se baigner et de se savonner. On les élevait, du reste, à se tenir avec réserve, à parler avec déférence, à respecter tout le monde et à s’occuper des soins de la cuisine avec zèle et discernement.