‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 621 sur 704 · DES NAVIRES · texte numérisé non relu

DES NAVIRES

Ce qu’on vient de dire étant fini, les messagers firent à Moteuhçoma le rapport de tout ce qu’ils avaient vu et entendu. Ils dirent ce que les Espagnols mangeaient, de quelles armes ils faisaient usage et tout ce qui leur advint avec eux. Moteuhçoma^ l’ayant entendu de la bouche de ses ambassadeurs, s’en émerveilla et fut pris de frayeur. Il fut surpris de la manière de manger des étrangers, de l’événement de l’artillerie s’accompagnant de coups de tonnerre à rompre les oreilles, de l’odeur de la poudre qu’on dirait infernale, du feu que les canons vomissent de leur bouche et du choc du boulet qui brise un arbre en le frappant. Il tomba en admiration à propos des armes très résistantes dont on lui rapporta qu’ils faisaient usage, soit pour attaquer, soit pour se défendre, comme sont les corselets, les cottes de mailles, les cabassets, les épées, les arquebuses, les arbalètes, les lances, etc. 11 n’admira pas moins les rapports qu’on lui fit au sujet des chevaux, leur taille élevée, la façon dont montaient sur eux les Espagnols tellement couverts de leurs armures qu’on ne leur voyait plus que le visage. Il fut surpris en entendant dire qu’ils avaient la figure blanche, les yeux gris, les cheveux roux, la barbe longue et que quelques hommes se voyaient parmi eux avec le visage noir et les cheveux noirs et crépus. On lui faisait aussi rapport au sujet des chiens qu’ils avaient amenés : leur manière d’être, la férocité dont ils faisaient preuve et leur couleur particulière. Ayant écouté ces choses, Moteuhçoma s’en émerveilla; il fut pris de frayeur, perdit tout courage et ressentit de grandes angoisses.

HISTOIRE DES CHOSES

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