‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 112 sur 138 · Journal de la Diète, p · texte numérisé non relu

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mit un terme à rémission du papier-monnaie avili, que les mines de Hongrie et leurs produits fussent entre les mains des autorités hongroises, et que le prix du sel ne fût pas augmenté. Enfin on réclamait Texécution des réformes promises en 1792.

Les députés eurent à soutenir leur projet, non pas contre le gouvernemenl, mais contre la Chambre haute. Les magnats le rejetèrent, et il fallut plusieurs fois en adoucir le ton pour qu'ils voulussent bien y adhérer. Sans que le fond des réclamations eût changé, le projet n'apparaissait plus que comme un simple exposé des vœux delà Diète. Dans un discours prophétique, Nagy s'éleva bien au-dessus des minuties de la discussion ; il annonça que dans un prochain avenir la crise financière envenimée par de fausses mesures, aboutirait à la ruine universelle : c'est ce qui est arrivé en \8ll.

L'insistance des orateurs et de la majorité sur la questioQ du papier-monnaie suggéra au gouvernement une manœuvre très-habile. C'est désormais pour remédier au mauvais état des finances qu'il demanda des sacrifices, et pour y amener plus doucement les députés, il leur adressa un message très-conciliant qui promettait de nombreuses réformes. Sans plus tarder, il permit l'exportation des grains, et restitua aux Magyars la gestion de leurs mines. Il est vrai que l'on devait bientôt se plaindre du peu de réalité de ces concessions. Les sacrifices furent votés avec largeur, etsil'on se rappelle les choix aristocratiques faits par les électeurs, avec désintéressement, les nobles ne s'épargnèrent point. On accorda un sixième du revenu de tous les droits féodaux et de tous les immeubles seigneuriaux, un sixième du revenu des commerçants, des artistes, des industriels, des fermiers; vm centième de l^ valeur de tous lés biens meubles indis-

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tinctement. Tout cela bien voté, on s'occupa de l'armée, et les deux systèmes opposés, celjLii de l'archiduc Charles et celui de la noblesse, se rencontrèrent dans une lutte acharnée.

L* archiduc ne poursuivait pas tout à fait le même but en Hongrie! que dans les provinces allemandes, oii il avait organisé une nombreuse landwehr. Ce qu'il voulait dans ce pays, c'était plus de précision et de régularité dans les levées, et que les députés renonçassent à remettre tout en question; que le gouvernement opérât toutes les années un tirage au sort , et disposât des soldats hongrois comme des soldats tyroliens. A quelques égards ce système était le meilleur : il faisait peser les charges plus équitablement sur toutes les localités du royaume; il mettait des bornes à l'arbitraire des ' comitals.

Mais la majorité, ne perdant pas de vue le maintien de la paix, ne voulait pas se dessaisir d'un puissant moyen de contrôle et de résistance respectueuse. Elle voulait au contraire revenir à l'ancien système, si vicieux qu'il pût être, comme plus conforme au génie national, système d'après lequel la noblesse avait le droit aussi bien que le devoir de se réunir en insurrection , et d'après lequel les troupes régulières se recrutaient comme il suit. Le chiffre total voté par l'assemblée était réparti entre les villes et les comitats. Les autorités locales offraient une compensation pécuniaire à ceux qui viendraient s'engager. Mais comme les jeunes gens savaient qu'ils pouvaient être soumis à des ofi&ciers allemands, à un commandement fait en langue allemande, et que le moindre manquement les exposerait à des peines sévères, l'enrôlement volontaire ne répondait pas à la nature belliqueuse dçs Magyars. Leç vides étçiient dQuc comblés

par des désignations arbitraires; c*était souvent un moyen de se défaire des mauvais sujets, mais ils n'acceptaient pas toujours leur sentence, ils s'échappaient, devenaient brigands. Ce mauvais système avait l'avantage de laisser une grande initiative aux autorités locales, et d'écarter la main de TAutriche.

Les députés tenaient à ce mode de recrutement, tout prêts d'ailleurs à voler le chiffre annuel de neuf mille conscrits, mais seulement pour trois ans, et moyennant qu'il fût fait droit aux éternelles réclamations sur les douanes, les mines, la monnaie et le papier. La lutte recommença de plus belle avec les magnats, qui voulaient accorder douze mille conscrits et toutes les demandes de la cour sans condition. Pendant six semaines les plaintes les plus amères retentirent contre le gouvernement qui sacrifiait les intérêts du pays, et voulait achever sa ruine par une guerre nouvelle. Les jeunes gens qui assistaient aux discussions comme délégués des absents, faisaient un tel vacarme qu'un jour le présideul dut les rappeler à l'ordre collectivement, et leur faire sentir qu'ils étaient admis aux séances pour prendre de l'expérience en respectant leurs aînés *.

Cependant Napoléon écrasait les Russes à Friedland et presque aussitôt se rapprochait d'Alexandre. Entièrement rassuré par Tentievue de Tilsitt, il donnait un libre coursa son mécontentement contre le ministre autrichien qui lui avait toujours déplu : « J'ai reçu les lettres de la cour d'Au- » triche , écrivait-il à Taileyrand dès le 24 juin. L'en- » semble de tout cela me démontre qu'on ne voulait pas » négocier et qu'on voulait tenter le sort de la guerre. »

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