Journal de la Diète de 1807, p
« Il serait temps, dit-il un peu plus tard, que M. de Sta-
» dion mît un terme à ses petites chicanes et à ses plates
j» manœuvres. » Enfin il traçait le programme d'une lettre
que M. de Champagny devait envoyer à M. de Metteruich :
« Vous avertissez partout de se tenir prêt à marcher pour la
» défense de la patrie; quel ennemi vous menace? Vous
» mettez toute la population sous les armes ; vos princes
» parcourent les champs comme des chevaliers errants...
» L'Empereur veut encore ignorer vos armements. Faites
» qu'on licencie cette garde nationale qu'on lève chez vous ,
» laissez en repos vos cultivateurs, vos soldats; ménagez
» votre argent et ne menacez personne*. »
Telles étaient les dispositions du vainqueur. Celles des Hongrois envers leur souverain prenaient dès lors une liante gravité, d'autant plus qu'ils s'exprimaient sans ménagement sur les questions extérieures. Nagy osa évoquer devant ses compatriotes le spectre de Tempire napoléonien grandissant, grandissant toujours, et comme résultat inévitable la chute de l'Autriche et de la Hongrie. Ce discours fit un eflet prodigieux : la majorité un peu fatiguée de la résistance des magnats et de la cour, commençait à faiblir ; mais Tardente parole de Nagy la réveilla plus décidée que jamais. Le gouvernement voulut séduire les opposants par des titres ou des emplois : quelques-uns acceptèrent, ce qui, d'ailleurs, n'était point regardé comme déshonorant; mais la plupart tenant bon, ir fallut en venir aux grands nioyens avec le chef du parti.
L'Autriche tenait en réserve une arme imprévue : on était brusquement appelé à Vienne pour entendre la parole royale,