Hazafiùi szôzata magyar nemess^ghez; in
» tuelle menace toutes les nations, toutes les constitutions » et tous les trônes... Qui ne sait que depuis quinze ans on » n'a pas eu un moment de repos, et que le sang d'un mil- » lion d'hommes a été répandu? C'est une chose «sage et né- » cessaire que les préparatifs qui viennent d'être votés d'ac- /> cord avec le gouvernement et la législature... Il est trop » lard pour tirer l'épée quand on a l'ennemi sur les épaules. » Regardons autour de nous : partout excepté dans notre • empire le feu de la guerre brûle sur la terre et sur les » eaux. »
Il s'attaque à d*aulres adversaires encore : aux patriotes tiëdes qui hésitent à secourir leur roi. Il cite avec amertume une phrase de Montesquieu sur « ces vertus héroïques que » nous trouvons dans les anciens et dont nous avons seule- » ment entendu parler. » L'objection tirée de la nécessité de la paix pour le développement de la richesse, le touche fort peu : « Toute nation, et surtout la nôtre, a besoin d'être » héroïque, pour conserver son sol où elle puisse faire du » commerce et s'enrichir. Soyons donc des héros avant d'être » des hommes d'argent. Soyons d'abord des héros pour évi- » ter de commercer et de nous enrichir au profit des autres. «
Une assemblée aurait applaudi cet éloquent éloge des armées nationales : « L'histoire des nations prouve qu'un » peuple n'est fort que si chacun de ses membres peut à tout » moment devenir un soldat combattant pour "^on épouse, » pour ses enfants, pour son patrimoine, en un mot pour » ses foyers et ses autels. » Sans être entièrement satisfait, et à juste titre nous le verrons, des nouveaux établissements militaires, il célèbre la fondation du Ludoviceum qui « doit » faire bénir le roi, la reine, pour avoir nonnseulènaent créé, » mais soutenu la création récente. »
LA HONGRIE AUTRICHIENNE 'SSl
Si maintenant on craint de trouver dans ces divers écrits
plutôt Topinion de l'élite savante que l'opinion générale,
voici, d'après un témoin oculaire, comment la guerre se
préparait dans les lointains comitats, entre gentilshommes
campagnards; (la lettre du comte Dessewffy est datée du
13 mars, un mois avant l'ouverture des hostilités.) « Le
» grand ispan (le premier magistrat du comitat) est venu
» hier et a tenu des conférences. Il a transporté l'assemblée
» d'une vive colère contre Napoléon, ce trompeur des rois et
» des peuples ; il vient de recommencer, il se tient au milieu
» de la salle vêtu de son plus beau costume... — Andreossy
9 a quitté Vienne. Un courrier avec qui je viens de causer
» rapporte que le peuple ne l'acclame plus (Napoléon) lors-
» qu'il paraît à son balcon, et que beaucoup de personnes
» portent des vêtements de deuil... Le courrier aurait con-
» tinué son récit, mais j'ai dû entrer en séance pour avoir
» une bonne place. » — Dessewffy raconte ensuite une
discussion assez vive au sujet des demandes d'hommes et
d'argent. Un membre de la réunion n'a pu s'empêcher de
crier : Ce Napoléon est vraiment un homme extraordinaire!
{rendkivûl valô ember. )
a Demain une commission s'occupera de former le régi - » ment de cavalerie. Jean Bernath s'est levé 'pour déclarer » que les insurgés de 1805 n'attendaient qu'un ordre pour se
» lever de nouveau, et ne comprenaient pas qu'ils n'eussent » pas encore reçu cet ordre. Albert Sztarray a dit qu'il lè- » vera cinquante hommes à ses frais : vivat I vivat! Lonyay » fait la même proposition : vivat ! vivat ! Le grand ispan » donne six mille florins: vivat! vivat! » Le soir venu, nombreux toasts inter pocuîa.
Le lendemain de fête n'amène aucune froideur. Chose
étrange I pendant tout un mois Témulation persiste. Des centaines de chevaux sont livrés à bas prix , quelquefois donnés. Les ressources commencent à s'épuiser; n'importe, les florins arrivent encore *. Partout même enthousiasme '. Les fils uniques ne profitent pas de la loi qui les dispense du service; plusieurs enfants de la même famille s*arment au lieu d'un seul. Des présents immenses en nature, surtout du blé et des chevaux, sont envoyés par les nobles et par le peuple. Le prince Eszterhàzy arme deux cents chevaux, l'archevêque de Ealocsa cent vingt ; le primat lève tout un régiment de hussards.
Dévouement sans espérance, voilà le plus admirable. Chez tous ceux qui écrivent et qui parlent, il n'y a qu'une manière d'envisager l'avenir, aussi désolante que possible. Au théâtre, lieu d'illusion s'il en est au monde, Yerseghy ne parle que de dévouement dans la défaite, d'ardeur jusqu'à la mort. DessewfPy écrit tristement : « Nous arrivons à de mauvaijs jours. » Enfin à quels héros s'adresse Kisfaludy pour leur demander de la force et des exemples...? Aux vaincus les plus célèbres : « 0 Zrinyi, Léonidas, Régulus, grands cœurs, grandes âmes patriotiques, gloire éternelle à vous ! »
La cinquième coalition a commence la réaction de l'Europe 9 contre l'empire, et signale lalliance des dynasties, des » peuples, du sacerdoce et du commerce » 3. On ne peut