‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 133 sur 138 · Gœlz de Berlichingen^ acte iv, scène · texte numérisé non relu

Gœlz de Berlichingen^ acte iv, scène

2. Springer, I, 166 et suiv., donne de curieux détails sur Wallis.

vont être émis sans retard. — Il n*y a pas à craindre que ces nouveaux billets ne se multiplient à leur tour : la commission chargée de les émettre s'engagera par serment à ne pas dépasser le cinquième de la valeur des billets actuellement en circulation ; ainsi, au lieu de un milliard soixante millions de papier qui existent actuellement, il n*y aura que deux cent douze ^lîllions de florins en papier nouveau. Gela même n*estqu*une transition : le but du Gouvernement est de remplacer peu à peu ces billets meilleurs par du numéraire métallique. — De même les pièces de enivre 'ne seront prises que pour le cinquième de leur valeur nominale. — Que le présent édit soit exécuté sans retard.

Le désespoir fut immense, et non moins générale l'indignation. Quoi! pour toute récompense la Hongrie ne devait attendre de son roi que la ruine ! La nation de braves frémit devant ce péril froid e\ sec de la misère, comme un soldat, éprouvé par le fer et le feu, peut trembler devant un pacifique et misérable avenir. La patente n'atteignit pas moins la constitution que les intérêts matériels : jamais le principe semmit rôlunk nélkûlûnk « rien de nous sans nous • n'avait été plus audacieusement violé. Le comitat de Pesth se fit comme toujours Técho de Topinion publique, a Nous ne doutons pas, écrit-il au roi, que la mesure ne soit prise pour le bien du pays ; mais nous ne pouvons admettre des remèdes pareils, tant qu'ils ne seront pas approuvés par une Diète. Que le roi convoque notre assemblée, il peut être sûr que nous ne reculerons devant aucun sacrifice : mais d'ici-là nous n'exécuterons pas son édit. y» La plupart des comitats adhérèrent à ce modéré, mais ferme langage.

La chancellerie aulique de Hongrie, dirigée par le comte François Kohâry, se chargea de répondre par Tordre d'ao-

cepter la patente diins les huit jours. Mais le comitat de Pesth le prit de très-haut, s'étounant que des Hongrois eussent oubhé à ce point leur patrie, et que le roi ne daignât pas répondre en personne. Jusque-là, dit-il, on ne sera point tenu d'obéir à des ordres inconstitutionnels, émanant de courtisans qui songent à leur intérêt, nullement à celui du roi. Les comitats furent servis à souhait : Brancois II leur écrivit une letti-e inouïe sur leur a insolence, » les menaçant de sa plus grande colère « et des mesures les plus violentes. » De leur côté les États héréditaires obéissaient passivement, non sans beaucoup souffrir : chacun évitait de se procurer plus de papier-monnaie qu'il n'en fallait pour vivre au jour le jour * ; mais enfin ils obéissaient. Les comitats durent céder, non sans insister sur la misère générale et sur la nécessité d'une convocation.

Ce désir au moins fut exaucé. Le Gouvernement voulait demander à la Diète de garantir le nouveau papier et de faire une loi sur les contrats et les paiements entre particuliers. Aiissî ne témoigna-t-il aucune répugnance; mais il mit tout en œuvre pour décourager les électeurs et les candidats opposants. Des commissaires royaux furent envoyés dans les chefs-lieux des comitats qui venaient de se signaler par leur audace : ils se firent présenter les registres des délibérations , et déchirèrent les pages les plus dangereuses « pour effacer jusqu'aux traces du poison. » Quelques orateurs furent appelés à Vienne ad audiendum verbum regium, c'est-à-dire pour entendre les offres ou les menaces du souverain. Plus d'un fôispan dut s'employer à écarter quelque redoutable adversaire de la Cour; ainsi le prince Eszterhâzy

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