‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 132 sur 138 · Dessew/fy levelezése · texte numérisé non relu

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412 HISTOIRE TtÉNÉRALE DES HONGROIS

guerre, était tombeau dixième ou au douzième de sa valeur : on avait peine à trouver 100 florins d'argent contre 1,000 florins de papier, tandis qu'en 1808 la différence n*était que 100 à 2001 C'était là une misère commune à tout TEmpire, mais les Hongrois faisaient valoir des griefs particuliers : ils avaient mainte fois averti que Ton marchait aux abîmes ; on avait violé leur indépendance légale, tout en prenant les produits des mines hongroises pour les besoins généraux de TAiitriche.

Mais si le mécontentement grandissait, de son côté, la cour, libre de toute crainte extérieure, et n'ayant plus à faire voter des secours militaires, laissait de côté tout ménagement. M. de Metternich commençait sa longue dictature ministérielle et son système de centralisation absolument contraire à Tesprit des Magyars*. Malgré la présence de deux magnats au ministère, le comte Zichy , le comte Erdôdy, nul ne se gênait pour attaquer la constitution hongroise comme vieille, rétrograde, abusivement aristocratique. Telle était par exemple l'opinion de Stein, le ministre prussien libéral : à ses yeux une constitution qui laissait dans une condition inférieure les huit dixièmes de la nation, et qui dispensait de Timpôt la grande propriété, devait absolument être changée*. Une coalition d'esprits aussi différents que

1 . Nous arrivons à la dernière partie de notre travail, il ne rentre donc pas dans notre plan d'étudier Metternich, dont la longue carrière, en 1811, commence à peine. Contentons-nous de renvoyer au premier volume de M. Springer.

2. V. dans Pertz, Das Leben der Ministers Fretherrn von Stein, 11^ 432-433, le jugement sévère porté par l'homme d'État prussien sur la Hongrie. Gentz, quoique lié avec beaucoup de nobles hongrois, trouvait que la constitution était à changer.

ceux de Stein, de Gentz et de Metternich eût été bien redoutable, si le peuple, souffrant plus que personne de la détresse financière, ne se fût serré autour de la noblesse.

Le comte Wallis, ministre des finances, n'était pas homme k reculer devant des formalités. Dans son gouvernement de Bohême, il s'était rendu célèbre par sa dureté et son minutieux despotisme : un jour que Ton devait jouer Gœtz de Berlichingen au théâtre de Prague, il supprima comme renfermant une allusion séditieuse, cette menace du chevalier à. la main de fer : « Que celui d'entre vous qui n est pas un » bœuf de Hongrie ne m'approche pas de trop près* » ^Wallis, dans le courant de 1810, essaya d'un emprunt, puis d'un nouveau papier qui eut le sort de l'aijcien *. 11 fallait absolument trouver quelque chose : on trouva. Le 20 février 1811, une patente fut envoyée en Hongrie comme dans les autres provinces, avec des consiflérants détaillés, que nous allons résumer ainsi que l'acte lui-même.

Des malheurs subis (et non causés) par le gouverement, lui ont rendu nécessaire d'émettre de nombreux billets de banque, dont l'extrême dépréciation cause la ruine uni verselle. Mais comment y remédier? L'Etat serait peut-être autorisé par les circonstances à une banqueroute partielle ; or, nous voulons l'éviter à tout prix. Voici donc ce que nous avons décidé dans l'intérêt de nos sujets bien aimés : Les billets ne seront pris que pour le cmquième de leur valeur nominale, et ils n'auront cours, ainsi réduits des quatre cinquièmes, que jusqu'au, l®*" février 1812. D'ici là ils devront être échangés contre les nouveaux billets qui

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