III, 25 et
2. Les costumes magyars sont très-reconnaissables dans les excellents bas-reliefs commémoratifs qui entourent le tombeau de Maximilien à Insprùck; les mariages austro-hongrois y occupent natu- Tellement une grande place.
» au pays à qui le ciel envoie un roi enfant ! » Ces dix années de? règne se résument en deux catastrophes, Belgrade et Mobàcs (1521, 1526), préparées toutes deux par. une série de discordes civiles et par les rivalités des princes de l'Europe.
A une surprenante nullité royale succédait une minorité royale, fléau pire encore. Dans l'état des partis la personne et l'éducation du jeune prince devaient faire l'objet d'ardentes rivalités, encore envenimées par les prétentions étrangères. L'empereur Maximilien regardait Louis II comme son petit-fils, bien que le mariage décidé avec Marie d'Autriche n'eût pas été encore célébré. Il semblait même le désigner comme son successeur en le nommant malgré son âge vicaire du Saint-Empire. De son côté le roi Sigismond de Pologne, devenu parent de Zâpolya, convoitait la tutelle que voulait exercer aussi le pape Léon X; chacune de ces réclamations étant accompagnée de menaces ou de promesses. La diète et Zâpolya réussirent à confier l'enfant royal à des tuteurs nationaux, dont le principal était le primat Bakdcs, qui rélevèrent du reste assez mal, Thabituant peu aux affaires, lui laissant prendre de fâcheuses habitudes ^ Cependant le désordre financier devenait excessif, tous les ressorts du gouvernement se détendaient, le régime des parlis armés, des pacta conventa de Pologne commençait à s'établir. Il vint un moment ou le palatin Perényi avec Bàthory et Zâpolya convoquait les magnats à Bude, tandis que les
1- Ludovicus ob inexpertam atque oppressam, et ad lusus et ad VQluptates a curatoribus instilutam adolescentiam pessumdatus (t. I de Verancsics, p. 7, dans la série Irôk des mon. Hung. Historica], — Szeremi (y. lai'* note du chapitre suivant), dit plus clairement encore : Ludovicus semper operabatur in lascivia puellarum.
représentants de la nation noble tenaient sous la direction de Verbôczy rassemblée de Tolna. Le parti de la conr était encore un troisième élément qui réussit à désorganiser la haute noblesse lorsque mourut Perényi; après avoir leurré Zâpolya de fausses espérances, il fit élire palatin son rival Bâthory.
Ces misérables querelles étaient des diversions favorables aux Turcs ; on s'occupait d'eux néanmoins. Tout faisait prévoir que Sélim ou ses successeurs, ayant accumulé d'énormes ressources et des forces nouvelles dans leurs conquêtes en Orient, pèseraient sur l'Europe d'un poids irrésistible ^ Léon X, Maximilien, François P% pendant les années 1516 à 1519, s'occupaient d'un de ces projets decroisade comme nous en avons tant vu passer dans notre récit'. Cette fois, nous sommes porté à le croire, la Hongrie en aurait pu tirer quelque profit, malgré les hésitations de l'Empereur qui avait fini par conseiller le renouvellement de la trêve envisagé avec regret par le Saint-Siège. Quoi qu'il en soit, la mort de Maximilien, l'élection de Charles-Quint, l'irritation de François I", la position prise par Léon X en face de Luther et en face de la France, eurent bientôt fait évanouir tout espoir de secours sérieux. Verbôczy put s'en convaincre dans un voyage à Rome (1520), et mieux encore lorsqu'il s'adressa l'année suivante à la diète de Worms. Quelques promesses, quelques petits secours ne servaient de rien.
Le gouvernement commit la faute de provoquer le péril en faisant arrêter l'envoyé turc, le tchausch Behram, accusé d'espionnage. Le prétexte fut avidement saisi par le