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2 UISTOmE GÉNÉRALE DES HONGROIS
ment et d'un caractère semblables, pas un seul ne peut, à ce point de vue, lui être comparé. Les diètes étaient convoquées par lui non pas tous les trois ans, mais environ une fois chaque année ; il y tenait absolument, plus qu'ua certain nombre de ses sujets qui trouvant ces déplacements onéreux, se seraient contentés de réunions moins fréquentes. Les deux chambres,, celle des prélats et barons, celle des ordres, étaient nettement séparées depuis longtemps. Leurs rapports mutuels avaient désormais laspect et la nature des ressorts parlementaires. On disait : « Le roi, les prélats et » les barons se sont mis en communication sur ces ques- » tions avec la communauté du royaume *. » La communitas regni, c'était Tensemble des députés des comitats et des villes, ceux des comitats ayant infiniment plus d'importance.
Pour les affaires de second ordre, Mathias se contentait de réunir la chambre haute ou un certain nombre de ses membres laïques et ecclésiastiques, dont les délibérations avaient encore une valeur parlementaire. Mais il avait aussi son conseil, plus restreint, qui exerçait T administration proprement dite. On ne doit pas non plus se figurer qu'il y eût une parfaite délimitation des pouvoirs législatif et exécutif : le roi connaissait à merveille la nation, son génie politique, son attachement à la constitution, il savait qu'elle ne pouvait être vraiment forte qu'à la condition d'être satisfaite dans son goût pour les élections, la délibération, la vie; et ce qu'il savait tout aussi bien c'est qu elle lui passerait, dans son dévouement et son enthousiasme, bien des irrégula-
1. Rex, prœlatique et barones communicaverunt ea cum communitate regni, quantum opus fuit [Szalay, III, 233].
rites, bien des actes arbitraires. Par exemple les principes relatifs à la levée des impôts sont loin d'avoir été toujours observés.
Une autre remarque a été faite, c'est que Tinstitution des armées permanentes a été fatale à l'esprit politique de la cation en séparant l'élément militaire de l'élément civil et en diminuant la vie intérieure des comitats*. Cependant les assemblées des comitats ont été extrêmement vivantes sous Mathias comme dans presque toute l'histoire de Hongrie. Elles ont même pris une part plus active qu'auparavant au règlement de leurs affaires intérieures. Le grand Corvin voyait dans ces assemblées un vrai foyer de résistance contre les dynastes, et par conséquent un appui pour la petite noblesse et la royauté, le jour où le pouvoir souverain serait entre des mains moins énergiques que les siennes. Elles délibéraient sur toutes choses ; elles élisaient les agents chargés de la répartition des impôts. La diète de 1486, Tune des plus actives qu'ait jamais vues la monarchie hongroise, remplaça les commissaires royaux de chaque comitat par une sorte de commission élue par la noblesse dans son propre sein. Le plus haut dignitaire était toujours le comte suprême ifôispan) nommé par le roi, et après lui Yalispan nommé encore par le comte suprême; mais la loi exigea que Talispan, le vrai directeur de toutes les affaires, fût choisi parmi les propriétaires du comitat.
La vie politique se maintenait donc au centre et dans les provinces. Le roi n'en avait que plus de vigueur dans l'exercice de son pouvoir souverain : il y prenait, comme nous l'avons vu, une part personnelle et décisive, mais il avait