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82 fflSTOIRE GÉNÉRALE DES HONGROIS
de Hesse, de Brandebourg montraient depuis quelques années, ainsi que Luther lui-même, le sérieux désir d'expulser les Ottomans; ils se distinguèrent par la vigueur de leurs préparatifs. Des magnats de tous les partis tenaient des conférences pour une réconciliation générale ; les Bâthory, les Perényi, les Homonnay écrivaient à Ferdinand pour le conjurer de sauver le pays. Telle était aussi la pensée de Frère Georges, qui commençait alors une série d'innombrables oscillations entre la Porte et les Habsbourg. Celte conduite étrange, qui causera finalement sa mort tragique lorsqu'il sera devenu le cardinal Martinuzzi, peut s'expliquer par une sorte de patriotisme joint à beaucoup d'ambition : il voulait probablement que la Hongrie fût indépendante des deux grands Empires qui la démembraient, et il espérait arriver à ce résultat en les affaiblissant l'un par l'autre. Pour le moment, effrayé de l'occupation de Bude, il conclut la convention de Gyalu (décembre 1541), pour l'exécution du traité de Vârad, mais avec cette clause difiicile à réaliser, que Ferdinand délivrerait la Hongrie des Ottomans. La concorde semblait donc rétablie; la plupart des comitats se faisaient représenter à la Diète de Beszlerczebânya * qui votait avec acclamation une levée en masse dans le cas où le roi en personne prendrait le commandement.
Malheureusement la grande armée, composée surtout d'Allemands, que commandait Joachim de Brandebourg (1542), fit une campagne inutile. Ces troupes laborieusement préparées ne réussirent même pas à s'emparer de Pesth, et le découragement fut immense : quand retrouverait-on un armement semblable, et que ferait-on lorsque l'Allemagne