‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 40 sur 138 · Collection Herminjard, t. I, p · texte numérisé non relu

Collection Herminjard, t. I, p

B'élevèrent en plusieurs villes pour le châtiment des nouveaux Hussites; ils ne purent arrêter les nombreux Allemands établis dans le pays, mineurs de Transylvanie, professeurs des écoles de la capitale. Bientôt le roi Louis II et le haut clergé obtinrent de la diète de 1525 des lois nouvelles condamnant les hérétiques au feu et à la confiscation de leurs biens. Trois causes fort différentes entravèrent la persécution. La rivalité croissante des nobles et des évégues disposait les grandes familles à partager les doctrines de Wittemberg plutôt qu'à les étouffer. La reine Marie, et du vivant de son époux et d'ans les premiers temps de son veuvage, donnait de grandes espérances aux partisans de la Réforme, ainsi que son confesseur Jean Henckel; Luther envoyait des psaumes traduits à cette reine chasseresse, qui portait jusque dans le fond des forêts un Nouveau Testament. La bataille de Mohâcs et le partage du royaume se trouvèrent favorables au luthéranisme : les deux anti-rois commencèrent bien par rivaliser de zèle contre les hérétiques, et même Verbôczy, le principal appui de Zâpolya, les haïssait beaucoup plus que Ferdinand, suspect de sympathie pour la Réforme; mais tous deux se virent peu à peu contraints h des ménagements. Quant aux musulmans, ils méprisaient sans doute les deux communions; il faut même remarquer qu ils ont brûlé de grands collèges protestants, envahi des temples pendant le culte, retenu dans une dure captivité des pasteurs comme des laïques de la nouvelle Église ; toutefois la politique ottomane était intéressée à maintenir l'équilibre, dans une tolérance relative, entre catholiques et protestants.

C'est dans la période de 1531 à 1548 que le luthéranisme s*est établi solidement dans une partie de la population aile-

mande et de la population magyare. Les Saxons de Transylvanie venaient de l'adopter avec une énergie intolérante poussée jusqu'à Texclusion des catholiques de la cité d'Hermanstadt. L'homme le plus remarquable de cette région fut Jean Honter, qui pendant un quart de siècle déploya dans Cronstadt sa patrie, toutes les qualités du pasteur et de rhooime d'État; sous sa direction la civilisation germanique de ces vallées fleurit avec une nouvelle vigueur ; là comme dans d'autres pays, la lecture de la Bible, devenue le premier devoir du fidèle, enfantait ou multipliait les écoles élémentaires. Ce mouvement était généralisé dans la Hongrie proprement dite par le premier réformateur magyar de race

et de langue ; Mathias Dévay , un ami personnel de Luther, aîacien étudiant de Wittemberg, faisait sa devise de cette pensée : a Sans la foi l'homme ne peut pas plus faire de » progrès que la plante sans soleil ne peut verdir ». Les succès de Dévay le firent d'abord persécuter par les deux rois. Zâpolya le jeta dans un cachot de Bude où se trouvait déjà, pour un menu délit, le maréchal des écuries royales. Le luthérien convertit si bien à ses idées son compagnon de captivité que celui-ci, rentré en grâce, refusa de l'abandonner, et que le roi touché de ce dévouement, leur ouvrit à tous deux la porte de la forteresse.

Un peu plus tard Dévay, préchant sur le territoire de Ferdinand, fut arrêté et conduit dans les prisons de Vienne.Comme plusieurs autres ministres protestants de cette époque incarcérés pour le même motif, il dut subir une discussion religieuse avec les autorités ecclésiastiques. Dans cette première période au moins, le haut clergé, surpris et comme étourdi par les progrès de la nouvelle croyance, se montrait inférieur dans la controverse. Ferdinand remit en liberté

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Dévây qui retourna dans la basse Hongrie, et traduisit eu langue magyare les épltres de Saint-Paul. Il se montra plus favorable encore au pasteur Szantai, qui avait dans son procès soutenu avec beaucoup d'énergie la communion sous les deux espèces, opinion tellement chère à Ferdinand qu^il piatiquait ainsi l'eucharistie dans la chapelle de son palais. On pourrait dter d'autres exemples de tendances protestantes dans le camp et même dans le clergé catholiques. Verancsics, qui devait pourtant arriver au siège primatial, disait pendant son séjour à Paris, lorsqu'on le croyait gravement malade : i Je ne veux ni messes ni pompe sépulcrale. » Tout ce qu'il me faut, c'est de mourir dans le Seigneur ». Il écrivait des distiques remplis d'admiration sous un portrait de Mélanchthon^

Cependant plusieurs grandes familles, telles que les Nàdasdy, les Perényi, les Magocsi, devenaient protestantes et presque aussitôt établissaient des écoles dans leurs domaines. Sous ces protections puissantes, Timprimerie pouvait répandre librement, avec la Bible, des traités de controverse rédigés souvent dans la langue magyare, qui devenait la langue du culte public malgré le soin qu'apportaient les réformateurs à renseignement des langues anciennes. Nous avons vu que les diètes, à partir de 1548, repoussèrent toute loi de persécution. D'autres assemblées, d'un caractère religieux, tenues de 1545 à 1558, organisèrent l'Église Évangélique de Hongrie sur les bases de la Confession d'Augsbourg. Les rapports étaient encore fréquents avec les grands docteurs luthériens. Les jeunes théologiens hongrois de cette Eglise allaient volontiers terminer à Wittemberg leurs

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