‹ Histoire générale des Hongrois (volume 2)Chapitre 71 sur 138 · Corresp. déjà citée, I · texte numérisé non relu

Corresp. déjà citée, I

l'autonomie hongroise, bien qu*il ait donné à la Hongrie quelques hommes distingués et ne manquant pas d'une sorte de patriotisme. Le gouvernement se préoccupait déjà des couvents et de l'extension menaçante de leurs propriétés. Marie-Thérèse, tout en créant de nouveaux évêchés, limitait le nombre des moines ; à quelques égards elle préparait le joséphisme. Elle diminuait la puissance politique du clergé, même séculier, en décidant que les évêques ne rempliraient plus les fonctions de fôïspan des comitals. Mais elle ne perdait rien pour cela de sa dévotion exclusive. Les protestants, traqués de toutes parts, en butte aux séductions les plus flatteuses comme les plus grossières, avaient beau se plaindre des spoliations, des enlèvements d'enfants, des conversions forcées : ils n'obtenaient qu'une réception gracieuse, et la tolérance était ajournée*. C'est sans doute la question religieuse autant que la question d'unité territoriale qui décida la reine à faire pencher, en faveur des Magyars contre les Serbes du Banat, la balance longtemps hésitante de sa politique.

Elle avait d'abord créé une sorte de ministère spécial pour représenter ces populations auprès de son gouvernement; c'est ce qu'on appelait Ylllyrische Hofdeputation , longtemps dirigée avec beaucoup d'énergie par le comte Ferdinand Kolowrat, qui soutenait que le Banat relevait de la monarchie autrichienne etnon pas de la couronne hongroise. Mais ensuite, pour remplir ses promesses à la Diète du couronnement, elle réunit aux comitats de Bacs, d'Arad et de Csanâd

1. Vollstàndige Geschichte der Neuesten Bedruckungen der Evangelischefif 1763, etc. — Les nombreux documents relatifs à la situation des protestants sont résumés dans la Gesch, der Ev, Kirche.

les confins militaires de la Theiss et du Haros (1750). Ce fut pour ces tribus guerrières une véritable désolation de se voir assujetties aux institutions maudites des Magyars : deux chefs , Hrvat et Tutelja , émigrèrent en Russie avec des troupes nombreuses. Le gouvernement, craignant de voir convertie de nouveau en désert une contrée qu'on avait eu tant de peine à repeupler, ouvrit une enquête qui se trouva funeste au clergé greco-serbe. Dès lors il poussa à Tunion avec tant de violence qu'il provoqua une insurrection en 1 755 : rétablissement des Jésuites fut brûlé ainsi que trente châteaux de la noblesse magyare. La cour, ayant triomphé de cette émeute, revint à des moyens plus conciliants, mais sans éprouver plus de bienveillance pour les Slaves et. leur Église. Les délégués croates à la diète de 1764 se prononcèrent contre eux malgré la communauté de race et de langue; et un congrès préparé par le comte Haddik, aboutit à un règlement qui pliait décidément les Serbes sous la légalité hongroise. Ils perdirent bientôt leurs juges nationaux; enfin le Banat fut réincorporé au royaume de Hongrie en 1779, et forma les trois comitats de Torontal, Ternes et KrassO *.

La nation fut heureuse de cette mesure gui lui restituait l'intégrité de son territoire. Le premier partage de la Pologne (1773) lui valut la rétrocession des villes de Zips autrefois aliénées par Sigismond , et dont elle n'avait jamais accepté la perte. Aussi malgré le chagrin causé par la suspension de la vie constitutionnelle , Marie-Thérèse fut-elle jusqu'à sa dernière heure vraiment populaire, car elle agissait en reine de Hongrie patriote. Dans son zèle pour les

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