Correspondance déjà citée, I
Les plaintes auxquelles Joseph fait allusion provenaient de la continuation de la^crise rurale. Dans ses propres voyages, Marie-Thérèse s'était convaincue de l'urgence d'un règlement nouveau, et la mauvaise volonté de la Diète la détermina à s'en occuper elle-même. Des conseillers auliques furent chargés de préparer un urbarium qui est resté, jusqu'à la grande assemblée de 1 832, la base de la réglementation féodale. Désormais les paysans étaient libres d'aller s'établir où ils vQulaient, et d'élever leurs enfants comme bon leur semblait, aussi bien pour une profession libérale que pour le travail paternel. Leurs procès étaient évoqués devant la juridiction du comitat, et les redevances étaient assujetties , à un taux proportionnel. C'étaient là de sérieuses améliorations, et il est fâcheux que Tamour-propre nobiliaire en ait laissé l'initiative à la royauté*. Comme on pouvait le prévoir, Turbarium ne pénétra pas en quelques jours dans toutes les régions du territoire ; il y eut des refus, des luttes violentes de paysans à seigneurs. La famille royale compte même sur ces déplorables incidents pour faire cesser la résistance : « La petite bataille en Hongrie, écrivait Tempereur, » fera, je crois, son effet. Les paysans sont exécutés, quitte » à en donner de même un exemple vis-à-vis des seigneurs, » S. M. fera ce qu'elle voudra. » Ce n est toutefois qu'au bout de six années que les dispositions nouvelles furent respectées partout'.
Après la cris^ féodale se dessina la crise ecclésiastique. C'est vers la fin de ce règne que fut supprimé Tordre des Jésuites, longtemps si influent à Vienne, si acharné contre
1 . V. la relation de Paolo Renier dans le T. XXII des FonMi, 318.