‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 101 sur 132 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

que Ton devait au meilleur des princes, mais il établit que 800 premier devoir était de défendre la constitution. 11 dit plusieurs fois tious autres Hongrois^ et s'il se déclara prêt à donner l'exemple de la bravoure, c*est comme chef d^une nation généreuse et comme ayant dans les veines du sang d*Arpàd. Ce discours fit déjà pressentir la conduite de Tar* cliiduc pendant la guerre.

L'assemblée vota, mais froidement, de mauvaise humeur. La cherté était devenue extrême; on se voyait menacé d*une famine que les horreurs de la guerre allaient accroître encore. Il fallut la marche des Français sur Vienne, qui permettait de redouter l'invasion du sol hongrois, pour faire voter, à côté de l'armée régulière, la formation d'un corps de cavaliers nobles et d'un corps de fantassins non nobles. C'était beaucoup aux yeux delà majorité, bien peu aux yeux de la cour qui aurait voulu la levée en masse. Il fallut se contenter de ce que Ton obtenait. Encore y avait-il des conditions sous-entendues. Pendant la discussion sur la levée des troupes, on vit reparaître avec une singulière insistance la question de la langue nationale. Il fut déclaré que la langue ne faisait qu'un avec la nation, avec son caractère et sa gloire, que la loi de 1792 étant devenue insuffisante, il fallait une loi complémentaire. D'après le nouveau projet, non- seulement les coraitats pouvaient rédiger en magyar les actes qui les concei*naient, mais- ils pouvaient entretenir dans celte langue leur correspondance avec le gouvernement; l'enseignement se ferait en magyar. On demandait aussi, preuve d'amèredéûance, la suppression des rapports secrets, des dénonciations anonymes, lenlière liberté de parole dans les assemblées des comitats. — Pressé par un plus grand péril, le roi céda : des articles furent

ajoutés à Iâ loi de 92 ^ Quant à l'espionnage, il a*y a pas de loi au monde qui puisse Tempécher.

Le 7 novembre, la Diète terminait ses séances au milieu de rimpatience générale; chacun avait les yeux fixés sur la Grande Armée qui accomplissait les plus belles opéra* tions militaires de tous les temps. Le rôle des soldats magyars est beaucoup moins remarquable dans la campagne de 1805 que dans les guerres précédentes : ils se battirent comme les autres, avec la bravoure ordinaire de Tarmée autrichienne. Ils se signalèrent toutefois dans rengagement de Caldiero, entre Tarchiduc Charles et Masséna. On sait que Masséna était chargé par Napoléon de conquérir la Yénétie et de pousser devant lui Tarmée autrichienne d'Italie, pendant que le corps de Marmont, détaché de la. Grande Armée, empêcherait l'archiduc de rejoindre en Moravie les empereurs François et Alexandre : une rencontre sérieuse eut lieu sur la forte position de Caldiero, occupée par les Autrichiens. La victoire fut très-disputée, et les deux adversaires ne manquèrent pas de se Tattribuer. L'archiduc, presque battu au premier choc, dirigea lui-même • la meilleure infanterie autrichienne » dit M. Thiers : c'étaient les fantassins d'Eszterhdzy. Le régiment subit d*énormes pertes, mais ramena la victoire. Cependant une nouvelle attaque de Masséna vint accroître le péril, et pour le conjurer il fallut cinq bataillons de grenadiers magyars et croates. Enfin les Français menaçant de tourner par la droite la position de Caldiero, l'infanterie de Splényi et les luissards de Kerekes assurèrent à Tarchiduc le succès de la journée^. Ainsi le veulent les historiens autrichiens et hon-

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