‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 117 sur 132 · Dessewffy levelezésêj I, 67, S · texte numérisé non relu

Dessewffy levelezésêj I, 67, S

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conspiration jacobine, le traducteur de la Marseillaise^ sortir d'un long silence pour prêcher la guerre sainte contre les Français I Verseghy compose une sorte de cantate ou de scène lyrique intitulée la Fidélité magyare, qui est jouée sur les théâtres de Bude et de Pestb. Le lieu de la scène est bien choisi : c*est la plaine de Rakos., le rendez-vous des aïeux. La liste des personnages offre un mélange bizarre de réalité, de romanesque et de pédantisme mythologique : les dieux Mars et Apollon, deux êtres allégoriques, le Génie national et la Fidélité, un guerrier, une jeune fille, trois chœurs : celui des guerriers, celui des élèves de T École militaire, celui du peuple assemblé.

Les Guerriers. — «... Nous te saluons, François, père, bouclier, tuteur de la patrie. Nous te saluons, Louise, mère, ange de la patrie -, il n'est point de Magyar qui ne sacrifie sa vie et toutes choses pour ton époux... 0 ciel, de quelle lueur l'esprit magnanime de ma nation vient éclairer la triste obscurité de Tavenir ! Voyez, voyez les ailes de cet aigle intrépide : c'est là notre rempart invincible. L'ennemi n'a pas d*assaut si redoutable qui ne vienne se briser contre ce bouclier, l'âme de toute une nation unie... »

Les jeunes Filles. — « Héros, lorsqu'après vos combats vous reviendrez dans la patrie, et que sur votre acier nous verrons resplendir la victoire, nos cœurs seront votre récompense... »

Un Guerrier. — « Il n'est personne parmi nous qui ne veuille s'offrir à la patrie jusqu'à la mort; et si dans notre nation il est un homme qui ne reste pas fidèle jusqu'à la mort à son roi, ce n'est pas un Magyar. i>

Serment général. — « Nous jurons sur ce drapeau que dans les combats les plus effrayants, dans les désastres les

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plus faits pour abattre le cœur, notre sainte ardeur ne s'éteindra pas, tant que pour notre patrie et notre roi adoré n^aura pas succombé notre vie *. »

Si Napoléon avait connu cette pièce jouée aux applaudissements des Magyars dans les premiers jours de 1809, ce terrible agresseur des nationalités, qui les a comprises mieux que personne alors même qu'il les combattait, n'aurait pu se défendre de pressentiments sinistres. Les peuples en étaient donc arrivés là : les rancunes les plus justes s'évanouissaient! On ne voulait se souvenir ni des cachots d^Olmûtz, ni de l'éloquence étouffée en 18071 Les vieux démocrates, qui avaient risqué leur vie pour empêcher la guerre contre la République française, s'unissaient à leurs persécuteurs pour abattre l'Empire français I Ils ne faisaient plus aucune différence entre la liberté et le patriotisme, entre le patriotisme et le dévouement au roi !

Un auteur plus jeune, Kisfaludy, regardé de nos jours encore comme l'un des plus grands poètes et l'un des plus grands prosateurs de son pays, publiait une brochure intitulée : Discours patriotique à la noblesse hongroise^. Remarquons avant tout cette citation de Montesquieu : « L'amour » de la patrie est un sentiment , et non une suite de con- » naissances. Le dernier homme de l'État peut avoir ce sen- ■ timent comme le premier. > La philosophie du dix-huitième siècle était donc retournée contre la France aussi bien que le patriotisme.

Le publiciste hongrois reproche à la France, avec une bonne foi évidente, les maux dont souffre l'Europe, et qui vont peser plus que jamais sur sa patrie : « La guerre ac-

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