II, 3, 4 et
» jobagyons, et qui sont de conditions différentes : les uns » en effet, sont des Hongrois, d autres Saxons et Germains, » d'autres Bohèmes et Slaves, professant la religion chré- » tienne. En outre il y a des Yalaques, des Ruthènes, des 9 Rasciens, qui suivent les erreurs des Grecs.». Ils jouis- » saient de certaines libertés, telles que celle de changer de » séjour, une fois libres de toute dette. Mais de nos jours » leur sédition contre toute la noblesse, sous prétexte de D croisade, sédition dirigée par un brigand scélérat, les a no- » tés à perpétuité d'inûdélilé, leur a fait perdre toute liberté, » et les a soumis à leurs seigneurs en servitude pure, sim- » pie et perpétuelle... Le paysan ne possède aucun droit sur » les terres de son seigneur, en dehors du salaire de son » travail et des récompenses qu'il peut recevoir." Toute pro- » priété appartient au seigneur terrien... Il n*a pas le droit » de citer un noble devant la justice*. »
L'acceptation par la diète et par le roi de ce mémorable et curieux ouvrage termina le règne du pauvre Wladislas. Il n'eut que le temps de conclure l'affaire impopulaire des mariages autrichiens', et mourut laissant le trône à l'enfant Louis II.
Né trop tôt, marié trop tôt, roi trop tôt, mort trop tôt, ainsi a-t-on résumé la vie de l'infortuné neveu de Gaston de FoiX; du souverain qui a fait dire au poëtc : « Malheur
l.III, 25 et 30.
2. Les costumes magyars sont très-reconnaissables dans les excellents bas-reliefs commémoratifs qui entourent le tombeau de Maxi milien à Insprûck; les mariages austro-hongrois y occupent naturellement une grande place.
» au pays h qui le ciel envoie un roi enrant ! » Ces dix années de règne se résument en deux catastrophes, Belgrade et Mobdcs (!52t, 1526), préparées toutes deux par une série de discordes civiles et par les rivalités des princes de TËurope.
 une surprenante nullité royale succédait une minorité royale, fléau pire encore. Dans l'état des partis la personne et Téducation du jeune prince devaient faire l'objet d'ardentes rivalités, encore envenimées par les prétentions étrangères. L'empereur Maximilien regardait Louis II oomme son petit-fils, bien que le mariage décidé avec Marie d'Autriche n'eût pas été encore célébré. Il semblait même le dé-
signer comme son successeur en le nommant malgré son âge vicaire du Saint-Empire. De son côté le roi Sigismond de Pologne, devenu parent de Zâpolya, convoitait la tutelle que voulait exercer aussile pape Léon X; chacune de cesréclamations étant accompagnée de menaces ou de promesses. La diète et Zàpolya réussirent à confier Teufant royal à des tuteurs nationaux, dont le principal était le primat Bakâcs, qui relevèrent du reste assez mal, l'habituant peu aux affaires, lui laissant prendre de fâcheuses habitudes ^ Cependant le désordre financier devenait excessif, tous les ressorts du gouvernement se détendaient, le régime des partis armés, des pacta coîiventa de Pologne commençait à s'établir, n vint un moment où le palatin Perényi avec Bâthory et Zâpolya convoquait les magnats à Bude, tandis que les
1 . LudoTicus ob inexpertam atque oppressam, et ad lusus et ad Toluptates a curatoribus instilutam adolescentiam pessumdatus (t. I de Yerancsics, p. 7, dans la série Irôk des mon, Hung. Historica). — Szerami (▼. lal*« note du chapitre suivant), dit plus clairement encore : LudoTicus semper operabatur in lascivia puellarum.
représentants de la nation noble tenaient sous la direclion de Verbôczy rassemblée de Tolna. Le parti de la cour était encore un troisième élément qui réussit à désorganiser la haute noblesse lorsque mourut Perényi ; après avoir leurré Zâpolya de fausses espérances, il fit élire palatin son rival Bâthory.
Ces misérables querelles étaient des diversions favorables aux Turcs ; on s'occupait d'eux néanmoins. Tout faisait pré* voir que Sélim ou ses successeurs, ayant accumulé d'éaormes ressources et des forces nouvelles dans leurs conquêtes en Orient, pèseraient sur TEurope d'un poids irrésistible^ Léon X, Maximilien, François P', pendant les années 1516 à 1519, s'occupaient d'un de ces projets decroisade comme nous en avons tant vu passer dans notre récit*. Cette fois, nous sommes porté à le croire, la Hongrie en aurait pu tirer quelque profit, malgré les hésitations de l'Empereur qui avait fini par conseiller le renouvellement de la trêve envisagé avec regret par le Saint-Siège. Quoi qu'il en soit, la mort de Maximilien, l'élection de Charles-Quint, l'irritation de François I", la position prise par Léon X en face de Luther et en face de la France, eurent bientôt fait évanouir tout espoir de secours sérieux. Verbôczy put s'en convaincre dans un voyage à Rome (1 520), et mieux encore lorsqu'il s'adressa l'année suivante à la diète de Worms. Quelques promesses, quelques petits secours ne servaient de rien.
Le gouvernement commit la faute de provoquer le péril en faisant arrêter l'envoyé turc, le tchausch Behram, accusé d'espionnage. Le prétexte fut avidement saisi par le