‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 62 sur 132 · Fiedier, suppl. II, p. 518, etc · texte numérisé non relu

Fiedier, suppl. II, p. 518, etc

garde d'encourager ces flatteuses imaginations. Mkôczy attendit tout alors de Pierre le Grand, qui ne songeait guère à lui, et des Serbes ou Rasciens, jadis ses adversaires. Dans cette population, le mécontentement croissait chaque jour, ainsi que le prouvait une émeute récente, suivie de la suppression partielle du culle grec et du droit de bourgeoisie. Mais il n*y avait pas là de quoi encourager une entreprise sérieuse, au moment où la maison d'Autriche puisait de nouvelles forces dans l'affaire habilement conduite de la Pragmatique-Sanction.

L'archiduchesse Marie-Thérèse, une enfant de cinq ans, était en 1722 Théritière nécessaire des Habsbourg. On sait que la grande préoccupation de Charles VI, pendant tout son règne, a été d'assurer à cette enfant sa vaste succession. Déjà en 1713, avant la paix de Rastadt et pendant que la succès* sion d*B$pagne était encore disputée, il avait pris un arrangement de famille pour que ses biens pussent passer dans sa descendance féminine. 11 sentait la nécessité de faire.

agréer cette disposition aux Etats de ses divers royaumes; le plus important sans comparaison, mais aussi le plus difficile à faire adhérer, était le royaume de Hongrie. La cour, très -habilement, forma pour ainsi dire le siège de ce pays constitutionnel , en s'assurant d'avance l'acceptation des diètes fort dépendantes des autres pays : de 1720 à 1722 adhérèrent successivement l'Autriche, la Bohême, la Croatie, enfin la Transylvanie, oj les délégués des trois nations furent amenés à se prononcer en faveur de la Pragmatique avant la redoutable session de la diète magyare.

Ces précautions même étaient une sorte d'hommage rendu à l'importance du royaume de Hongrie parmi les États au-

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tricbiens. Le prince Eugène S avec sa pénétration habituelle, le regardait comme le pivot de la monarchie tout entière. Il écrivait en 1720 : « Si les Pays-Bas sont perdus (et la » France d'après son système ne manquera pas de les attirer » à elle), la Hongrie deviendra la base même de la monar- » chie autrichienne. » Par ce motif, sans aimer le protestantisme, qui répugnait également à son éducation religieuse et à ses instincts d*autorilé, il blâmait, comme injuste et impolitique, Tintolérance à l'égard des protestants de Hongrie. Un autre étranger, l'ambassadeur vénitien Giovanni Priuli (1722), regrettait qu'on ne donnât pas une meilleure direction aux affaires de ce royaume, et qu'on le mécontentât en le surchargeant de garnisons étrangères '. Il admirait la fertilité du sol hongrois, d'accord en cela avec un troisième témoignage étranger de cette époque, celui de lady Montagu (1717). Cette grande dame anglaise, voyageant avec son mari, ambassadeur en Turquie, observait non sans pénétration les pays qu'elle traversait. Les plaines magyares lui paraissaient les plus belles du monde, comme aussi les beautés magyares étaient à ses yeux les étoiles de la haute société de Vienne. Elle remarquait l'abondance des provisions, surtout du gibier; mais malgré cela, que de preuves de misère : une population clair-semée par suite des guerres prolon^^ées; des champs abandonnés sans culture; des loups qui rendaient dangereuse la traversée des bois ; des villes ruinées ; à côté des palais détruits de Bude, la ville des Rasciens, composée de huttes sauvages ; des vête-

1 . Dans la collection de ses œuvres déjà citée, T. V, p. 97-103.

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