‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 61 sur 132 · V. le livre XLIII de Hammer · texte numérisé non relu

V. le livre XLIII de Hammer

attaque, et prit ensuite l'offensive : les janissaires culbuttèrent Tinfantèrie allemande, mais ils furent ensuite mis en complète déroute par la cavalerie. Sous les ordres du prince combattaient Pdlffy et Nàdasdy à côté de Mercy, de Falkenstein, de Bonneval : toutes les nations semblaient avoir pris part à cette moderne croisade, à cette victoire, qui coûta la vie au grand-visir, fit tomber Temesvâr entre les mains des chrétieus, et mit (in pour jamais à loccupation musulmane.

La campagne de 1717 fut encore plus brillante. Eugène franchit le Danube et assiégea Belgrade ; avec une étonnante rapidité, il éleva contre cette place formidable, du seul côté par où elle soit accessible, des ouvrages en terre dont les traces n*ont pas disparu. Le nouveau grand- visir essaya de le prendre entre son armée et les remparts; mais il essuya une terrible Refaite, à laquelle les auxiliaires Bavarois et Wurlembergeois prirent une grande part. Le surlendemain, la garnison capitulait. Jamais Tempire turc n*avait subi de pareils désastres ; il était entièrement épuisé. Alberoni voulut le ranimer en lui donnant pour allié le prince François, qu'il fit venir de France et envoya à Gonstantinople. Le chimérique politique italien, ministre des Bourbons d'Espagne, faisait ainsi entrer dans ses plans de relèvement de la monarchie espagnole, le chimérique prince de Transylvanie, comme il y avait fiiit entrer deux autres princes non moins chimériques. Charles XII de Suède et le prétendant Jacques Stuart. Alberoni, dans son machiavélisme naïf, voyait déjà la Hongrie soulevée par Râkôczy, occupant les troupes autrichiennes , pendant que les conspirations des ennemis du duc d'Orléans et Tinsurrectiou des Jacobites occuperaient l'Angleterre et la régence française : alors, seul maître de

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l'Europe, il pourrait refaire la monarchie de Charles-Quint! Malheureusement, cet échafaudage ingénieux était fait de morceaux qui ne pouvaient aller ensemble. La diplomatie occidentale, voyant arriver Râkôczy à Constantinople, pesa de tout son poids sur le Divan pour le faire consentir à la paix, et un congrès s'ouvrit à Passarowitz. Un traité, le plus glorieux que l'Autriche-Hongrie ait jamais signé (1718), délivra entièrement des Turcs la rive droite du Danube et de la Save, et attribua à Charles VI Belgrade, avec une partie de la Serbie et de la Valachie.

C'était la fin des espérances de François dans le cas où il eiit été raisonnable; mais rien ne pouvait lui faire comprendre la fatalité de sa situation. Interné à Rodosto sur la demande de Fambassadeur impérial, il fatigua de ses lettres le duc d'Orléans, qui ne pouvait voir en lui qu'un instrument d'Alberoni, son ennemi mortel. Un jour, il complimenta Tabbé Dubois sur son élévation à la pourpre romaine, non sans avoir soin de joindre à ses félicitations un rapport détaillé sur les chances d'une insurrection dans les contrées OLL il avait commandé. Â vrai dire, il ne sollicitait pas une intervention directe de la France : « Tout le but de mon » désir, écrivait-il en 172?, serait de rendre la France et » l'Espagne paisibles spectatrices d'une pièce que je voudrais » jouer avec le czar sur le théâtre de Hongrie sans charger » les Turcs d'autre commission que de me fournir de Tar- » gent, d'exposer leurs queues de cheval au printemps , et » après avoir éventé leurs pavillons autour d'Adrianople, de » les emboîter en automne, représentant ainsi le Jupiter » des tapisseries, tenant la foudre en main sans la lancer 9 jamais. ^ » Le duc d'Orléans et le cardinal Dubois n'avaient

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