‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 78 sur 132 · I . Ces Tor; de Barôli se tronvent daas Toldy, I · texte numérisé non relu

I . Ces Tor; de Barôli se tronvent daas Toldy, I

Charles Zichy , car la dignité de palatin était vacante. Deux cent vingt -cinq princes, comtes, barons du royaume étaient venus occuper leur siège héréditaire ; à côté â*eux, trente -huit ecclésiastiques, archevêques, évéques, prieurs des bénédictins et des prémontrés reconnaissaient pour leur chef le cardinal -primat Batthydny. Le délégué du roi , le personal , président de la Chambre basse, était pour lors Tintègre jurisconsulte Joseph Urményi. Le clergé était représenté par trente-cinq chanoines ou abbés élus par les chapitres; les villes libres royales, élément bourgeois, comptaient soixante-dix-neuf représentants. Mais prêtres et citadins n'étaient là que pour la forme : toute la puissance de la Diète appartenait, nous Tarons déjà ru, aux cent deux députés des comitats, c'est-à-dire à la noblesse des campagnes. Eux seuls figuraient dans les séances préparatoires où les questions étaient une première fois discutées et déjà presque résolues ; et ce qui leur donnait encore plus de force, c'estque les députés des quatre cercles (au-delà, en deçà de la Theiss — au delà, en deçà du Danube) délibéraient séparément comme les bureaux de nos assemblées. Les prêtres et les délégués des villes arrivaient donc aux assemblées générales sans être instruits de la discussion ; d'ailleurs ils ne disposaient que d'un nombre de voix insignifiant, tandis que chaque comitat avait son suffrage à exprimer.

Le 10 juin eut lieu la séance d'ouverture, et, comme toujours, dans chacune des chambres deux discours furent prononcés, l'un par le président laïque, l'autre par le principal ecclésiastique. Le personal Urményi parla avec la plus entière indépendance : il exprima avec force sa joie de voir rassemblée réunie, sa haine pour le despotisme « dont le

366 mSTOIAE GÉNÉRALE DES HONGROIS

> nom 8eul fait horreur à une nation libre, » son désir de voir respecter toutes les opinions, fussent-elles en minorité, et de contribuer pour sa part au soulagement des pauvres. Le cardinal et le chanoine attaquèrent la mémoire de Joseph II, et rappelèrent quel respect on devait aux institutions des ancêtres. Les premières motions portèrent aussi Tempreinte d'un esprit de vengeance contre le régime déchu. Almassy accusa la royauté de haute trahison, ce qui revenait à proclamer la déchéance d'après ce principe reconnu en Hongrie : Nota infidelitatis rumpit filum successionis*. Benyovsky demanda, sans succès il est vrai, que les grands dignitaires de la couronne fussent privés de leurs titres avant d'être réélus par la Diète. Une autre motion voulut que les membres de la Diète s'engageassent à ne recevoir ni pension, ni dignité, ni titres de la cour sans l'agrément de l'Assemblée. Plusieurs membres de la haute noblesse, fort bien en cour, s'opposèrent à cette décision.

Dans quelle langue seraient rédigés les procès -verbaux des séances? Il fut décidé que ce ne serait pas seulement en latin, mais en magyar, ce qui revenait à proclamer la langue hongroise langue officielle, la loi ne faisant en cela que confirmer la sentence rendue par l'opinion. Des clameurs enthousiastes accueillirent ce décret ; il n'est presque pas un écrivain du temps qui ne s'en soit fait l'écho, surtout le pasteur Péczely, dans uue pièce de vers assez étrange où l'on trouvera plus de politique et de médecine que de poésie, mais où Ton s>ent battre le cœur d'un vrai patriote.

Page 1