‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 83 sur 132 · Toldy Kéikônyve · texte numérisé non relu

Toldy Kéikônyve

LA HONGBIE AUTRICHIENNE 289

plus déplaisants de la réaction ^ Ce défenseur fanatique du trône et de l'autel ne croyait ni à l'autel ni au trône. Voilà, disait Catherine, un ministre jacobin qui s'entendra avec ses collègues de Paris; mais le hasard tourna d'un autre côté son énergie jacobine, et il fit tomber les têtes des libéraux hongrois. D'ailleurs, homme de notes secrètes et d'arrêts de grâce calculés, il savait prendre des airs de prudence et de modération. Il allait bien se garder de heurter de front les Nfagyars.

Uieux valait flatter leur orgueil en faisant de la guerre contre la France une question de patriotisme; respecter extérieurement la constitution, mais éloigner Xoute nouveauté par crainte du fantôme révolutionnaire. La diète fut convoquée à Bude : elle devait se réunir le 20 mai, le couronnement était fixé au 6 juin. Une députation fut reçue à Vienne par ces paroles de TEmpereur-Roi : « Je pleurerai

> mon père avec mes sujets. Vous n'aurez pas à vous re-

> pentir de votre conûance ; je serai le plus ardent ami de

> la constitution et des lois. »

Le 3 juin, le jeune roi ouvrit la diète : il accepta le pacte constitutionnel de son père, et fit des concessions nouvelles sur quelques articles auxquels on tenait beaucoup, tels que le délai maximum de six mois pour le sacre de chaque nouveau souverain. Trois jours plus tard il fut cou-

1. Personne n'a dit du bien de Thugut, excepté M. de Vivenot, qui a réeUement rendu service, par certains côtés, à la mémoire de ce ministre. — Frédéric et Napoléon Tont également détesté, ce qui, pour un homme d*Ëtat autrichien, ne serait pas un trop mauvais signe ; mais tous les historiens sont d'accord contre lui avec Tarchiduc Charles et Schwartzenberg. (Springer. I, 55-56. — Hœusser, II, 4-r». — Sybel, II, 246, modéré et intéressaot.;

ronné, et un peu après lui la jeune reine, au milieu d'un enthousiasme sans bornes *. Chacun se déclara prêt à soutenir une si juste cause contre la France, et le palatin fut un interprète fidèle des dispositions générales en demandant des levées exceptionnelles : Tout fut voté, hommes et argent. Le cadeau de joyeux avènement fut magnifique. Un drame populaire en magyar compara François II à Mathias Corvin^. Pèczely mourant célébra le début du règne.

Que devenaient cependant les réformes promises ? On se rappelle que, la noblesse ayant trouvé moyen de s^entendre avec Léopold, neuf commissions d'enquête avaient été nommées. Leurs travaux ne se ressentaient pas trop de Taoïsme aristocratique : l'esprit de Joseph II, moins l'arbitraire, l'esprit du xvm* siècle y dominait. Mais c'est bien de cela qu il s agissait maintenant ! On devait se rendre à un appel d'honneur dans les plaines de Belgique et de Lombardie. D'ailleurs toutes ces nouveautés pouvaient être des concessions à l'esprit révolutionnaire. Elles ne furent pas oubliées ; elles restèrent comme des germes féconds pour l'avenir, mais elles furent différées en faveur de la grande cause. Plus les armées autrichiennes furent malheureuses, moins il parut prudent de s'occuper des questions intérieures, si ce n'est pour écraser les complices de la Révolution. La Diète aurait pourtant voulu que la Transylvanie fût réunie au territoire hongrois, que cette réunion fût tout au moins préparée ; et que les régiments levés en Hongrie eussent toujours des ofiiciers magyars, et formassent comme une armée indépendante. Nous avons vu le pai-

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