ToJdij Kézikônyve, I
288 HISTOIRE GÉNÉRALE DES HONCtROIS
» sorbe la sueur sanglante. Tiens-toi à distance, patrie » magyare* ! »
Cette horreur des nouveautés, si vivement exprimée par un homme de la classe moyenne, était naturellement plus profonde dans Taristocratie. Elle eut un singulier résultat : elle refroidit lenthousiasme pour la langue magyare. Le grand élan de 1790 s'était ralenti dès Tannée suivante, même sous Léopold et dans la diète'de Bude. A vrai dire, les avocats de cette cause lui avaient nui à force d'ardeur : imposer à tous les habitants du pays une langue difficile, contraire au génie des Slaves ou des Roumains, c'était un excès justement combattu par le ban de Croatie ou l'évêque d'Âgram. Il valait mieux, comme allait le faire la loi de 1792, créer sérieusement l'enseignement du magyar pour préparer son triomphe. Malgré cette loi, tout faisait croire que le grand mouvement s'arrêtait. On avait chaque jour plus de peine à trouver des souscripteurs pour les publications; le drame hongrois n'était pas heureux en spectateurs, les écrivains en lecteurs, et beaucoup d'hommes de lettres tombèrent dans la misère. En toutes choses, les classes conservatrices commençaient à se défier de l'indépendance.
Le cabinet de Vienne profita, non sans une grande habileté, de ces dispositions nouvelles. 11 changeait, lui aussi : avec le vieux Kaunilz allait s'éteindre la tradition modérée de Marie-Thérèse. Déjà g)*andissait l'influence du baron de Thugut.
L'histoire ne présente pas de personnage moins sympathique. Ce parvenu, fils d'un batelier du Danube, n'a même pas l'air de fierté aristocratique qui rehausse les types les