Bacsàny munkai
%. On trouvera d'intéressants détails, non-seulement sur la capti- Tité de Maret mais sur le régime de Kufstein, dans le travaU de M. le baron Emoaf,'L0 duc de Bassano {Revue contemporaine du 19 octobre 1SS9).
palatin Joseph, pour faire donner au poëte malade une chambre plus saine.
Ainsi se termiua, sur TéchaCaud et entre les épaisses murailles des prisons, la tentative de la démocratie bourgeoise pour miner l'antique constitution du pays et tendre la main à la Révolution française. Cet épisode si peu connu, à peine aperçu dans la marche foudroyante des grandes guerres, a eu sur ces guerres mêmes et sur la situation de FEurope une influence réelle. Les modérés disparurent de la scèn< politique : Tapprobation qu'ils avaient donnée aux mesure violentes ne leur servit de rien; leur chef, le palati Alexandre, mourut pendant un feu d'artifice, accident q fut regardé, injustement d'ailleurs, comme un attentat de cour contre un prince dangereux par sa popularité. Le pa réactionnaire remporta une victoire momentanée sans dou mais assez durable pour imprimer un çraud élan natioa? la lutte contre la France, et pour étouffer le mécontec ment de certains comitats. Les conjurés de 1794 n'avai donc guère i*éussi à rapprocher leur pays de la Fiance r^ lutionnaire. Ils n'avaient pourtant pas inutilement saci leur vie : une première fois ils avaient habitué leurs con triotes à des notions d'égalité ; ils laissaient les germes < parti réformateur qui, répudiant leurs exagérations, i acceptant leurs principes, se mettra à l'œuvre plus tard
hàzj brilla peu dans la campagne de 1792, lorsque sur les bords du Rhin il fut opposé à Custines*. Les sacrifices d'argent et d*hommes commençaient à épuiser la nation qui murmurait, et les poètes du parti démocratique, Bacsânyi entre autres, n'épargnaient pas au gouvernement les accusations et r invective :
Aux combattants Européens (1792)'. « Les peuples
sortent des embrassements de la paix pour se chasser mutuellement du sol natal... Pareils à Tours affamé qui sort de sa froide caverne, avec une rage aveugle ils amassent les cadavres, et font de tout pays un cercueil. Père de la nature ! toi qui sur la terre as placé Thomme dans le sentier de la vie, et qui, Tenflammant d*un mutuel amour lui as donné la liberté!... Homme si fier et si faible, voilà où mène ton aveuglement. Comme tu as oublié ta dignité d*étre immortel ! c'est donc pour toi le plus grand bonheur de tuer tes frères î Apprends, ô insensé, que l'héroïsme est dans la défense de la patrie, non dans l'ardeur sauvage, ni dans le bras victorieux. 0 digne objet de Tadoration du genre humain, liberté, le plus beau présent du ciel! 0 ma patrie! Peuples, qu'adviendra-t-il de vous? Pourra-t-on jouer ainsi avec vos premiers trésors ? Et toi, ciel, pourras-tu supporter ce spectacle? A-t-on changé Tordre de la nature? Non, un tel crime n*échappera pas au châtiment. »
Le ton du poëte jacobin pouvait faire redouter à l'Autriche de sérieuses difficultés , surtout lorsque les prétentions jalouses des Alliés rendaient les Hongrois plus nécessaires. Dès 1794, lorsque le ministère anglais faisait acheter le
i. Sybel, l"vol. delà traduction française, 577-580. 2. Bacsânyi Kôlteményeij 41-43.
moindre secours par d'humiliantes insistances, et dictait impérieusement les plans de campagne ^ ; lorsque les Etats- Généraux de Hollande négligeaientdesedéfeiidreet laissaient mourir de faim leurs défenseurs* ; enfin lorsque les Prussiens et Thugut rivalisaient de mauvais procédés^, il n'était certes pas indifférent de pouvoir compter sur les nobles Magyars : on leur fit une plus grande place. Ils étaient d'ailleurs pleins de mérite, et nous voyons qu'on leur confiait des entreprises délicates. Kray et Meszaros sont chargés de s'entendre avec Pichegru lors de son complot royaliste*. Alvinczy, infatigable et ardent général, saura fort bien s'acquitter d'une négociation avec les Etats Généraux, ou de la tâche ingrate d*assurer l'entretien d'une armée. On le désigne pour envahir l'Alsace et proclamer Louis XVIII s. C'est presque toujours avec éloge qu'il est parlé dans la correspondance impériale des généraux Ott et Qiulay^. Les soldats étaient au niveau de leurs chefs; ils partageaient l'affreuse misère de l'armée autrichienne et son patient courage 7. Sans argent, sans chaussures, presque sans nourriture et sans vêtements par un hiver terrible, et ne pouvant pas comme tes Français se consoler par la victoire, ils se signalaient dans la défaite par leur résistance héroïque.
Depuis 1796 le parti démocratique décimé par l'échafaud
1. Vivenol, Thugut, Chrfayt et Wurmser, p. 22, 29, 31, 43, 47, 50.