‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 86 sur 132 · Bacsânyi munkaiy · texte numérisé non relu

Bacsânyi munkaiy

ne se fait pas attendre : « C'est toi qu'il chante, ô liberté ^ » Il eut Toccasion de se lier avec un compagnon de captivité bien inattendu. Haret, depuis duc de Bassano, nommé par la République ambassadeur à Naples, avait été arrêté en Piémont par les Autrichiens, et conduit à Kufstein *. Il devait être bientôt échangé contre la fille de Louis XVI, et revenir en France où l'attendait une })rillante carrière administrative ; mais il n'oublia jamais le pauvre hongrois, et nous verrons comment, dans la campagne de 1809, il voulut rendre service au poète, ce qui le désigna à d'implacables persécutions. Bacsànyi eut du moins le bonheur de ne pas rester longtemps à Kufstein ; mais la misère le contraignit à mendier un petit emploi.

La traduction de la Marseillaise avait particulièrement déplu, puisque Verseghy languit neuf ans dans les cachots, sans autre répit que. des voyages en voiture cellulaire entre Kufstein et Graetz, entre Graetz et Brûnn. On dispersait les condamnés magyars pour les empêcher de se retrouver en trop grand nombre. On évitait même de les laisser trop longtemps séjourner dans une prison, où ils auraient pu former des liaisons durables, malgré toutes les précautions des geôliers; en effet, Kazinczy, que l'on a gardé six ans, habita trois forteresses : le Spielberg, Kufstein et Munkâcs. Le Spielberg méritait déjà sa réputation tragique : Kazinczy resta longtemps dans un cachot souterrain et humide où sa San té .s'altéra gravement. Il fallut une visite de l'archiduc

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