‹ Histoire générale des HongroisChapitre 32 sur 54 · Sn-ada dalfisto dtl borûo alla Tcrtezza · texte numérisé non relu

Sn-ada dalfisto dtl borûo alla Tcrtezza

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Le château de Munkâcs.

(D'après une gravure contemporaine.)

glorieuse (1683 — 1687). A Pârkâny, les ponts du Danube se rompent sous le poids des Turcs vaincus, qui sont engloutis par milliers. Gran et Ujvâr (Neuhâusel), sont délivrés par le duc de Lorraine, après que le héros polonais, qnelque peu brouillé avec les Allemands, est retourné dans son royaume. Bude est assiégée par Stahremberg et Adam Batthyâny; cette fois il s'agit d'une ville du prophète, de la clé de l'empire, une foule dévote a prié avec le sultan sur la place des flèches, et le mufti a fait parvenir dans la forteresse bloquée un fetva qui ordonne à tout fidèle musulman de mourir plutôt que de se rendre. Aussi jamais on n'a vu résistance plus acharnée, et le triomphe est d'autant plus glorieux. Enfin dans ces mêmes plaines de Mohâcs si fatales jadis, vingt mille Turcs succombent.

LA HONGRIE ENTRE LES TURCS ET L AUTRICHE

Le découragement est sans bornes chez les musulmans; le prophète ne défend plus ses conquêtes ni son peuple ; le sultan reste trois jours sans manger, et son jeûne ne l'empêche pas d'être renversé par les janissaires.

Pourquoi faut-il quitter ce spectacle glorieux pour l'Europe chrétienne, malgré les cruautés inexprimables dont les impériaux souillèrent chacune de leurs victoires; pourquoi faut-il, à côté des héros, stigmatiser les bourreaux insatiables? Une amnistie avait rassuré tous ceux que les violences du gouvernement avaient précédemment jetés dans l'insurrection. Mais le cruel Caraffa, chargé d'occuper la haute Hongrie, crut ou feignit de croire

Antoine Carafa.

(D'après une gravure du temps.)

à une nouvelle conspiration, prouvée selon lui par un voyage de quelques nobles dames. Il obtint de Léopold l'institution du tribunal exceptionnel d'Eperjes, qui mériterait mieux que celui du duc d'Albe l'épithète flétrissante de tribunal de sang. Une odieuse boucherie commença, d'autant plus odieuse qu'elle était accompagnée de mensonges juridiques. Pendant la moitié de l'année 1687, sur un échafaud en permanence, des bourreaux décapitèrent, pendirent, tenaillèrent, rompirent vives toutes les victimes que désignait 'à des juges sans indépendance la réaction politique ou religieuse. La terreur fut générale, l'indignation le fut aussi.

Léopold espérait non sans motif qu'un gouvernement à la fois victorieux et implacable obtiendrait d'une assemblée tout ce qu'il voudrait. Or

le but que ses devanciers et lui-même poursuivaient depuis longtemps, c'était la transformation de la royauté élective en monarchie héréditaire. La Diète de 1687 fut donc saisie de ce projet de loi qui modifiait profondément la constitution du royaume. Son attitude fut très digne ; elle ne se laissa pas épouvanter par les gémissements lointains des victimes ; elle déclara qu'elle n'accorderait rien si l'on n'arrêtait les supplices, et si l'on ne mettait en liberté les prisonniers. C'est seulement lorsqu'elle eut reçu satisfaction qu'elle laissa couronner sans élection l'archiduc Joseph. Il fut du reste convenu que la nation reprendrait tous ses droits en cas d'extinction de la descendance masculine des Habsbourg; et que dans tous les cas le nouveau souverain devrait prêter serment de fidélité aux lois fondamentales. La seule concession à ce point de vue fut la suppression de l'article 31 de la Bulle d'Or, contenant le droit à l'insurrection. Une amnistie générale fut proclamée, et la capitulation acceptée par Hélène Zrinyi mit fin à toute résistance.

Pendant qus le royaume de Hongrie, progressivement délivré des Musulmans, devenait héréditaire, la soumission de la Transylvanie se préparait peu à peu (1685 — 1689). L'habile et inconstant ministre Michel Teleky avait fini par se décider en faveur de l'Autriche contre la France, le parti des mécontents et l'alliance ottomane. Il s'entendit avec l'empereur pour que Michel Apafy II, encore enfant, fût reconnu comme le successeur de son père.

En cela comme en bien des choses, les promesses ne coûtaient rien à Léopold et à ses conseillers. Dans la suite des campagnes contre la Porte, les villes transylvaines furent occupées par les généraux impériaux comme des villes conquises, l'avènement de Michel II à titre de prince tributaire fut une comédie. En vain Nicolas Bethlen obtint-il en sa faveur l'intercession des ambassadeurs des puissances protestantes : on décida qu'il ne gouvernerait qu'à sa majorité; le prince de Lichtenstein vint le prendre pour le conduire en Autriche, et finalement la Transylvanie se trouva être devenue une province comme la Styrie ou la Carniole. Il est vrai qu'un diplôme dans toutes les règles stipula le maintien des libertés des trois nations et des quatre Églises; mais les violences des soldats, l'arbitraire de la nouvelle administration, fournirent de nombreuses recrues à l'insurrection de François Râkôczy.

Avant de raconter cette dernière et stérile tentative, suivons les armes impériales et royales dans leurs principaux engagements contre les Turcs (1688 — 1698). Louis de Bade, excellent général, recommença les campagnes de Hunyade au sud du Danube, et l'on s'attendit à la prise de Constantinople. C'était prématuré: il fallut, après quelques succès mêlés de quelques revers, se borner à combattre sur le territoire du royaume. La bataille de Salankemen (1691) fut un nouveau désastre pour le croissant : le vieux •Chalèl avait annoncé la défaite, et le dernier des Keuprili, ne voulant pas

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