IGRIE DE LA SERVITUDE DES TURCS
Impr. Athenaeum.
LA HONGRIE ENTRE LES TURCS ET L AUTRICHE
survivre à sa honte, se revêtit d'un caftan noir, et marcha au-devant d'une balle libératrice.
Il est vrai que les années suivantes furent mauvaises: Tôkôli venait
d'envahir la Transylvanie avec une audace inouïe, par des chemins qui effrayent le simple piéton ; après lui, et par diverses routes, les hordes tar-
tares pénétrèrent dans le pays. Un nouveau sultan, l'énergique Moustapha II, reprit avec succès l'offensive, écrasa devant Lugos Veterani et Lichtenstein qui périrent avec la moitié de leur armée. Tout semblait remis en question lorsque le prince Eugène de Savoie prit le commandement.
Ce héros chétif et infatigable, à la figure longue, sèche et ardente, avait conquis ses insignes de général devant Gran, devant Bude, devant Belgrade. 11 allait fonder sur les bords de la Theiss sa réputation de grand capitaine. Il atteignit le camp des Turcs auprès du pont de Zenta, l'enveloppa dans le demi-cercle offensif de son armée, lui coupa brusquement l'accès du pont et extermina tout ce qui n'avait pas pris la précaution de s'enfuir (1697). Un butin immense tomba entre les mains des vainqueurs avec le sceau impérial si redouté pendant des siècles, et maintenant bafoué. Bientôt le traité de Carlovitz ne laissait plus aux Turcs en Hongrie qu'un territoire entre la Theiss et le Maros, maigre débris de leur vaste •domination.