‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 1 sur 179 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L’accueil bienveillant qu’ont reçu du public, de la presse et de l’Institut, nos travaux sur la Hongrie imprimés à part ou insérés dans diverses Revues1, nous a encouragé à terminer l’Histoire Générale d’un des

1 . Histoire des Hongrois et de leur littérature politique de 1790 à ISIS, Paris, 1872. — Les Origines et l’époque païenne, Paris, 1874. (Cette partie difficile a fait l’objet, d’observations de MM. Hunfalvy, G. Monod, Gaidoz, Léger etc., au point de vue spécial de leurs diverses et précieuses compétences ; nous tenons à les en remercier ici.) — Quatre mémoires lus à l’Académie des Sciences morales et politiques, sur l’invasion des Mongols, la Maison d’Anjou, la politique de Mathias Corvin, les relations de la France avec les princes de Transylvanie. — Articles de la Revue des Deuoc-Mondes, de la Revue historique, de la Revue critique, du Bulletin de la Société de Géographie, etc. — Mission du ministère de l’Instruction publique, qui nous a permis de compléter et de construire notre Introduction bibliographique.

ir HISTOIRE GENERALE DES HONGROIS

peuples les plus braves, les plus éloquents et les plus tenaces dont les annales du monde fassent mention.

Par Histoire Générale nous entendons un tableau de la vie nationale qui n’est restreint ni par les limites d’une province, ni par les limites d’une période chronologique, ni par un point de vue spécial, un tableau qui n’est ni une histoire militaire ou politique, ni une histoire juridique ou administrative, ni une histoire religieuse ou littéraire, mais qui est un peu tout cela, puisque tout cela rentre dans l’organisme vivant d’un pays.

Les Hongrois proprement dits , les Magyars de race ou de langue, sont bien les héros et l’objet essentiel de cet ouvrage ; mais ils ne sont en majorité que dans la grande plaine centrale de leur pays, et les Roumains, les colons germaniques, les Slaves ruthènes, slovaques ou serbes, qui en forment comme la ceinture ethnographique, n’ont pas été exclus d’une histoire où souvent ils ont joué un grand rôle1.

1. Nous avons renoncé à introduire dans notre ouvrage une carte nécessairement restreinte et incomplète; nous préférons recommander celle de l’Atlas de Stieler, si répandu aujourd’hui meme en I< rance, ou la carte ethnographique de l’Autriche par

AVANT-PROPOS m

La nouveauté d’un si vaste sujet, les difficultés de toute espèce qu’opposaient à nos efforts les distances, les langues, la pauvreté ou la surabondance des témoignages; la nécessité de faire à chaque instant de petites découvertes; toutes ces causes, en nous interdisant l’illusion de nous croire infaillible, doivent aussi nous assurer l’indulgence des lecteurs.

Nous pouvons au moins leur affirmer que nous n’avons rien épargné pour reproduire avec impartialité et exactitude cette histoire de dix siècles. Ni les voyages, ni les recherches, ni les comparaisons philo-

M. Kiepert; la carte nationale de Günczi est également trèscommode.

Quant à l’orthographe des noms géographiques, nous avons suivi l’usage plutôt qu’une règle absolue, donnant autant que possible les noms magyars, mais sans nous croire obligé d’écrire Pozsony au lieu de Presbourg, Nagy Szeben au lieu de Herxnannstadt.

Le lecteur s’habituera facilement aux caractères et aux groupes de lettres particuliers au Magyar. Les voyelles accentuées ne sont autre chose que des voyelles longues, les voyelles avec tréma se prononcent comme en allemand. S se lit comme le français ch, sz = s, zs = j, es = tch, cz = ts, gy = di (comme dans le fr. diurne), nyi = gny. L’y et l’i s’emploient à peu près indifféremment à la lin des noms propres.

HISTOIRE GÉNÉRALE DES HONGROIS logiques ne nous ont coûté pour atteindre ce but. D’autre part nous nous sommes gardé d’une sympathie aveugle et d’une admiration excessive pour nos personnages aux dépens des peuples voisins, ou de ceux qui ont partagé leurs destinées.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Il nous a paru nécessaire de grouper et de classer dans une Introduction les sources bien diverses de cette histoire jusqu’en 1815. Une note spéciale, au début du VIIe livre, renseignera le lecteur sur la période contemporaine, laquelle ne saurait encore présenter un caractère vraiment historique. Les indications bibliographiques proprement dites se trouvent en note dans le cours de l’ouvrage au fur et à mesure des événements racontés ou appréciés par les sources.

Les documents de toute espèce relatifs à l'histoire de Hongrie peuvent se ramener à quatre grandes catégories : les archives et collections de manuscrits; les recueils de pièces officielles, de diplômes ; les chroniques rédigées par des contemporains ou par des auteurs qui n’étaient pas trop éloignés des événements; enfin les ouvrages composés à une certaine distance des événements par des historiens, les ouvrages historiques proprement dits, modernes, trèsmodernes même pour la plupart.

Ces grandes catégories doivent être subdivisées, au moins les trois dernières. Les pièces, les chroniques, les histoires peuvent être de provenance hongroise, ou de provenance

étrangère. En outre il est difficile de ne pas classer à part, entre ce qui est purement national et ce qui est complètement étranger, les documents de source autrichienne ou bohème, ou croate, en un mot ceux qui émanent d’un des pays dont la vie a été souvent mêlée à celle du peuple magyar. Nous aurons donc à distinguer les pièces, chroniques et histoires de provenance hongroise, austro-slave, étrangère.

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