Lettre déjà citée d’Yves de Narbonne
5. Lettre déjà citée. — Ce personnage a été confondu par Rémusat avec le Palatin de Hongrie, lequel était alors, comme on l’a vu plus haut, le comte Hedervary.
beau-frère, que les temps étaient venus, dès longtemps prédits par l’Écriture. Bêla compta sur les dispositions que devait produire cette inquiétude générale, et il envoya en Italie l’évêque Étienne de Vâcz pour obtenir des secours de l’Empereur et du Pape, au prix même de l’indépendance de la Hongrie. Du pape il n’obtint que des consolations et des vœux, avec un ordre un peu tardif de prêcher la croisade en Hongrie 1 . Grégoire IX se déclarait prêt à mettre fin aux luttes entre chrétiens si l’Empereur faisait sa soumission. L’empereur, de son côté, déclarait que la défense de la chrétienté était son plus cher désir, et il acceptait l’hommage du royaume de Hongrie, à la condition de le sauver 2 ; mais la réconciliation n’eut j)as lieu : «O sottise des souverains! s’écriait Yves de Narbonne, voici que des royaumes chrétiens sont détruits et que le même sort attend les autres. »
Toutefois l'Empereur et son fils Conrad, sollicités directement par Bêla, ne restèrent pas inactifs. Ils préservèrent au moins l’Allemagne, et près du confluent de la Mardi et du Danube, il y eut probablement une bataille dans laquelle périt un des chefs mongols avec une partie de son armée, emportée par le courant rapide3. Mais cet événement, mal connu de nous, ne soulagea qu’indirectement la Hongrie, abandonné à sa destinée. Le Danube même cessa d’être un rempart : le froid intense du mois de décembre le recouvrit