Erben, p. 494, et Arpddkori, etc
2. La condition n’avant pas été remplie, cet hommage fut plus tard déclaré nul par Innocent IV.
3. Encore un épisode très— obscur, surtout à cause des documents orientaux, qui attribuent à cette bataille des incidents évidemment relatifs à la bataille du Sajô ; c'est ainsi qu’ils y font figurer Batou. probablement confondu avec Peta ou Baidar.
LES ROIS DE LA RACE D'ARPAD
d’une glace épaisse Les Mongols s’avisèrent encore d’un stratagème pour s’assurer que leur armée pouvait passer le fleuve sans danger. Ils amenèrent, sur la rive gauche, des troupeaux de bœufs, puis ils se retirèrent à quelque distance ; les habitants des villages situés sur la rive droite traversèrent le Danube, s’emparèrent des troupeaux et les chassèrent du côté de leurs habitations. L’épreuve était faite : la glace était solide comme celle des fleuves de la Russie et de l’Asie centrale, que les Mongols avaient si souvent franchis dans la même saison. Dès lors la Pannonie fut envahie à son tour.
La ville de Gran, la capitale spirituelle, le Cantorbéry magyar, fut une des premières à en souffrir. Les nombreux étrangers que renfermait cette cité commerçante, Allemands, Français, Lombards, avaient complété les remparts qui la défendaient et qui semblaient déjà la rendre imprenable. Mais ils avaient compté sans la cruelle habileté de leurs ennemis : des milliers de captifs, sur lesquels les assiégés osaient à peine lancer des flèches, furent contraints d’élever, sur les bords du fossé, un véritable mur de fascines. Trente machines puissantes, à l’abri derrière ce mur, jetèrent des sacs pleins de terre qui menacèrent bientôt de combler le fossé.
Les défenseurs de la place, n’ayant aucun moyen de se soustraire à leur sort, voulurent du moins punir l’ennemi en détruisant leurs richesses, et ils incendièrent leurs magasins. Furieux de voir cette proie leur échapper, les Mongols élevèrent rapidement un rempart de pieux tout autour de Gran, afin que personne ne pût s’enfuir, et, en effet, le massacre fut exécuté si minutieusement que quinze personnes à peine, assurait-on, survécurent. Environ trois cents dames, qui avaient compté sur leur beauté et sur leurs