Fejér, VIII, II
2. Dlugosz, . Historien Polonicce, 1. IX. — Les lettres de la cour d’Avignon, en 1314, 1325, etc., excitaient Charles-Robert contre les tartares, les schismatiques ruthènes et les hérétiques de la Bosnie 5 les papes désiraient au contraire l’alliance de la Hongrie avec les chevaliers. (Wenzel, II, 440.)
trouvait être la cause, vint répandre partout l’horreur et l’effroi.
Le prince Casimir était venu jiasser quelque temps auprès de sa sœur Élisabeth, dans le château royal de Visegrad : c’était la demeure favorite des rois angevins qui préféraient au séjour de Bude, de Grau et de Temesvâr, ce nid d’aigle perché sur la montagne, dominant le Danube rapide et large vers l’endroit où ce fleuve tourne brusquement au midi ; seulement de ce nid d’aigle ils firent un palais splendide dont les débris étonnent encore. Une des filles d’honneur de la reine, la jeune Clara Zâch, inspira une passion violente au prince polonais, qui ne recula pas devant la plus indigne des fautes, encore aggravée par une violation des lois de l’hospitalité. Le vieux Félicien Zâch était l’un des plus puissants magnats : tout un parti lui promit de le venger dans le sang de la reine que le bruit public, toujours malveillant envers les étrangers, accusait d’une complicité aussi invraisemblable qu’odieuse1. Le palais fut envahi par une troupe furieuse, la reine fut blessée, les jeunes princes n’échappèrent que par miracle; mais ensuite les défenseurs de la famille royale prirent le dessus. Charles-Robert aurait dû comprendre dans une certaine mesure et punir avec modération ce transport de l’honneur paternel. Loin de là, sa rage ne connut pas de bornes : il condamna aux supplices les plus raffinés, aux mutilations les plus barbares, les partisans de Félicien Zâch et l’infortunée Clara2. L’indignation fut générale; il n’est pas de sujet que l’imagination des
1. Horvâth (II, 54) fait remarquer que la cou duite de la reine a donné lieu à des versions très-diverses.
2. La sentence contre les Zàch, que donnent Pray (a. 1330) et Fejér (t. VIII, vol. III, 419), est le document principal.
LA MAISON D’ANJOU
peintres et des poètes ait traité plus fréquemment jusqu'à nos jours.
On put croire que le ciel s’était chargé de punir ces punitions qui étaient des crimes, lorsque le roi conduisit en Valachie une funeste expédition. Il voulait déposséder le prince Michel Bessarab qui avait envahi le banat de Szôrény. Refusant les conditions les plus avantageuses, il s’obstina dans sa marche à travers les montagnes; ses guides l’égarèrent dans des défilés où une partie de son armée fut écrasée par des quartiers de roc que lancèrent sur elle des ennemis cachés (1330). Le roi ne songea plus à cette guerre, et porta tous ses efforts du côté de la Pologne. Ne gardant aucune rancune à son beau-frère Casimir des malheurs causés par sa légèreté, il contribua à le faire proclamer après la mort de Wladislas. Une fois couronné, Casimir n’eut pas honte de revenir au château de Visegrad où se trouvait encore Jean de Bohême et où les trois rois célébrèrent des fêtes magnifiques et prolongées.
Charles-Robert n’était pas homme à fêter gratuitement ces princes étourdis; il voulait que Jean de Luxembourg se désistât de toute prétention sur la Pologne, ce à quoi il consentit moyennant cession définitive de la Silésie à la Bohême l. Il voulait aussi que Casimir reconnût le prince Louis d’Anjou comme son héritier, et il obtint cette concession énorme d’un roi qui n’avait pas plus de trente ans et pouvait fort bien avoir encore un fils. Lorsqu’il apprit quelques années plus tard (1339) que dans une assemblée solennelle, tenue à Cracovie 2, le dernier des Piast avait fait agréer
1 . Pray donne tous les documents relatifs à ces négociations. (Ann. corresp.)