Fejér, t. IX, vol. IV
2. V. Sainte-Marthe (1. cit. II, 459 et suiv.) sur ce prince qui, avant d’être le roi Charles III, avait été l’ami et comme le lieutenant de Louis de Hongrie, surtout dans ses négociations avec Venise. On crut, mais Pray réfute celte opinion invraisemblable, que Louis fut son complice dans le meurtre de la vieille reine.
3. Aussi Clément d’Avignon chercha-t-il 5 soulever les Polonais contre lui. (Fejér, t. IX, vol. X, 493.)
LA MAISON D’ANJOU
toutes les ambitions de sa jeunesse; il ne pouvait manquer de retrouver les Vénitiens. Un nouveau siège de Trévise, entrepris d’accord avec François Carrara de Padoue, fut d’abord malheureux et aboutit à la captivité du général magyar. Louis parut ne plus s’en occuper et ne songer qu’à une croisade pour arrêter les progrès des Turcs en Serbie. Mais le pape, bien qu’effrayé aussi du péril, et bien que désirant alors une croisade sérieuse, ne lui abandonna point les droits que le Saint-Siège prélevait sur le clergé hongrois, et dont le roi déclarait avoir besoin pour entreprendre une guerre aussi coûteuse b Dès lors Louis le Grand ne pensa plus à la croisade, malgré les supplications de Jean Lascaris et de la république de Raguse, qui se mit sous sa protection. La guerre des Génois contre Venise (1378) lui fournit l’occasion de réparer amplement son récent échec. Pendant que les vaisseaux de Doria battaient la flotte de Saint-Marc et s’emparaient de Cliiozza 1 2, Jean Horvatliy, uni à François Carrara, faisait la conquête de la Vénétie continentale. La fière république fut si près de sa ruine que Louis se crut un moment sur le point de voir flotter son étendard sur les lagunes devenues tributaires. C’était trop d’orgueil : les efforts admirables du patriotisme vénitien finirent par ramener la victoire, et les conquêtes furent rendues de part et d’autre. Toutefois la possession de la Dalmatie, et par conséquent de la mer, semblait garantie de nouveau et définitivement au royaume magyar.