Fejér, t. VIII, vol. III
angevins comprirent admirablement l’importance des -échanges pour la richesse et la prospérité du pays. Presque tous les droits d’entrée et de circulation qui frappaient les marchandises venues du dehors furent supprimés. Les offres d’hospitalité les plus rassurantes attirèrent les négociants, non-seulement de Vienne et de Venise, comme nous l’avons vu, mais de Prague, de Thorn et Dantzig, de Cologne1. Les produits de l'Orient arrivaient comme jadis par la vallée du Danube, dont la croisade de Constantinople avait diminué au treizième siècle l'importance commerciale, mais qui retrouvait ses avantages naturels depuis les progrès des Turcs, assez grands déjà pour compromettre les colonies orientales des Vénitiens. Les marchands arméniens arrivaient à Herrnanstadt, à Cronstadt de Transylvanie où ils échangeaient les étoffes, les arômes, les épices de l'Asie contre les produits agricoles et minéraux de la fertile plaine hongroise et des montagnes qui l’entourent. La voie maritime n’était pas abandonnée pour cela : en temps de paix les Vénitiens se livraient aux mêmes échanges sur la côte de Dalmatie. Des sujets hongrois, protégés par les traités, allaient à leur tour trafiquer chez les nations étrangères.
On peut remarquer qu’en ce qui concerne les villes et le négoce, les rois angevins n’ont fait que suivre avec plus d’activité l’exemple de l’intelligente dynastie nationale qui les avait précédés. Leur système monétaire fut different, et de beaucoup supérieur à celui des Arpâd 2. Avant eux les