Mém. déjà signalé au ch. 1er
2. De administrando lmp., ch. xlii. — V. aussi Rambaud (1. cit.).
3. C’est l’opinion, entre autres, d’Étienne Horvtâh et de Toldv (1. cit.).
LES ORIGINES ET L’ÉTOQUE PAÏENNE
Volga qui existe encore, comme plusieurs mots finnois1, presque magyars, conservés même dans le Bulgare actuel.
Les Gumans et les Petchénègues, deux tribus barbares qui se ressemblaient beaucoup, et qui sont venues dans des circonstances à peu près semblables s’établir en Hongrie, n’étaient pas des Finnois, mais des Turcs. Tous les arguments que l’on a invoqués pour les rattacher aux Hongrois viennent se briser contre les faits historiques et surtout contre la connaissance suffisante que l’on a de la langue curaane. Le dernier vieillard qui l’ait parlée est mort il y a plus d’un siècle, mais l’oraison dominicale, conservée dans cet idiome et publiée par Klaproth, a fait constater par Neumann, par Hammer, par M. d’Avezac, malgré les efforts de Jerney, que le cuman n’était séparé du turc ottoman et surtout du turc oriental que par une simple différence de dialectes 2.
1. Scliafarik ( Slairischc Allerthiimer, l. II, p. 233), insiste sur ces restes finnois dans la langue bulgare : Ijet, il est possible (en hongrois lehct) kap , image (en h. kép), etc. C’était, déjà l’opinion de Klaproth. Les rapports delà Hongrie avec la Bulgarie au moyen-Qge ont dû aussi, comme le pense M. Miklosicli, être la cause de plusieurs de ces importations.
2. Ceçi vaut pourtant la peine d’être discuté. Nous affirmons avec Klaproth, Hammer, d’Avezac (Recueil de Mémoires de la Société de géographie, Paris 1839, t. IV, p. 488), Roesler (1. cit. p. 332 et suiv.) que la langue cumane est absolument turque. Il suffira pour le prouver de comparer le début de l'oraison dominicale en cuman : bezom altamaz kemze kikte, d’une part avec le turc biziim atamüz kimzin gyôycle, d’autre part avec le Hongrois mienk atyank ki va y y mennyben. Qu’objecte donc Jerney pour soutenir la proche parenté des Cumans et des Magyars? Personne, dit-il, à la Cour de Bêla IV qui était pleine de Cumans, ne put comprendre une lettre écrite en
Nous avons terminé cette étude ethnographique : les Hongrois ont-ils lieu d’en être affligés? Quel motif auraientils pour cela? N’est-il pas plus beau d’être arrivé dans le monde civilisé avec une vive et fruste intelligence, une vie primitive et vigoureuse, et le simple germe de fortes institutions, en un mot de s’être fait une noble place dans le monde par une série de progrès, que d’y être tombé comme un aréolithe, ayant de prime abord toutes les qualités et tous les talents? Au lieu de n’avoir que la peine de parler, de chanter ou d’écrire dans une langue toute faite et accomplie, n’est-il pas plus beau d’avoir peu à peu orné, enrichi, un idiome primitif qui est devenu très-propre à exprimer les idées et les besoins de la civilisation et de la science modernes, tout en restant admirable d’originalité et de poésie ?
tartare ; et Marco Polo distingue les Tartares des Cumans. — Mais ce tartare était du Mongol, ces Tartares étaient des Mongols et non pas des Turcs : l’argument tombe donc de lui-même.