Dümmler (I. cit.). — Widucliind (Pertz, III
3 I/istoire ecclésiastique et politique de la ville de Toul par le P.
LES ORIGINES ET L’ÉPOQUE PAÏENNE
pendant que les paysans et les moines se retiraient sur les montagnes, emportant les corps de leurs saints. Quelques années plus tard les mêmes provinces furent encore attaquées ; le seul archevêque de Iteims fît des préparatifs pour les sauver, mais le roi de France n’osa quitter sa forteresse de Laon. Dès lors, cette région de la Gaule fut exposée à des dévastations périodiques qui apparaissent dans les traditions locales plus nombreuses peut-être qu’elles n’ont été réellement, à cause de la négligence chronologique de cette époque l.
L’attention de Zoltan fut attirée d’un tout autre côté par les discordes de l’Italie. Bérenger, en lutte avec le roi de Bourgogne et avec ses propres sujets, appela un corps hongrois à son secours (921). Cette trahison envers son pays lui fut d’abord utile. Deux de ses ennemis, Gieselbert et Adalbert, furent attaqués brusquement par des détachements
Benoit. Toul 1707, in-4°, p. 301 et307 : memoria miseranda afflictionis post occisos a paganis hommes, etc., citation du cartul. de Remiremont. — Hist. ecclésiastique et civile de Verdun , Paris 1743, in-8°, p. 130. — Dussieux : Essai historique sur les invasions des Hongrois en Europe et spécialement en France . Paris, 1839: p. 30 et suiv. Ce travail, loué par Cliassin et Am. Thierry, trop sévèrement attaqué en Hongrie par Szalay et M. Szabô, n’a aucune prétention ethnographique ; il n’est pas d’une chronologie très-sûre, au moins pour les guerres d’Italie ; mais il conserve, après trente-cinq ans, une valeur très-sérieuse au point de vue spécial des invasions en France, racontées avec l’aide des vieilles histoires provinciales, l’Histoire de Toul, l’Histoire de Verdun, l’Histoire du Languedoc, surtout la collection de dom Bouquet et la Gallia christiana.
1. Nous avons constaté, en comparant les textes relatifs à la guerre d’Italie racontée ci-dessus, que les documents donnaient plusieurs dates pour une seule canqjagne. Nous serions porté ù croire que celte observation peut s’appliquer aux invasions en France.
hongrois qui avaient suivi des chemins imprévus : Gieselbert chargé de chaînes fut livré au roi félon; Adalbert s’enfuit sous le déguisement d’un valet d’armée, et ne fut pas reconnu par les cavaliers barbares, qui cherchaient un homme éclatant d’or et de pierreries1. L’année suivante, des détachements, à la faveur de l’anarchie universelle, parvinrent jusqu’en Apulie, non sans menacer la ville de Home2. Bientôt Bérenger fut assassiné, et Zoltan, devenu un brillant guerrier de vingt-cinq ans, ne laissa pas échapper cette occasion de gloire militaire. Sous prétexte de~ venger son allié, il envahit l’Italie du Nord, et arriva devant les murs de Pavie (943) 3. Les Hongrois avaient fait quelque progrès dans l’art d’assiéger les places : la glorieuse cité lombarde fut entourée d’un cercle 'de retranchements, et le camp magyar, formant une seconde ligne, empêcha toute sortie. Pavie fut incendiée, et à cette lueur sinistre, qui consumait les palais et les églises, un grand masacre commença. S’il faut en croire Flodoard, très-éloigné du lieu du désastre, et suspect d’exagération comme tous ses contemporains, il ne serait resté que deux cents habitants de cette population nombreuse ; encore n’auraient-ils'hacheté leur vie et l’emplacement désolé de leur cité qu’en cherchant pour leurs vainqueurs l’argent fondu sous les décombres.
Bien ne résistant plus dans l’Italie du Nord, une troupe de Hongrois arriva au pied des Alpes. Nous savons par le passage des Karpathes que les chaînes de montagnes