‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 35 sur 179 · Giesebreclit, I · texte numérisé non relu

Giesebreclit, I

que c’était le duc Zoltan lui-même, caries Magyars, désolés, s’arrêtèrent1, et offrirent pour sa rançon de grandes sommes en or et en argent. Le roi Henri refusa tous ces trésors, car le métal précieux dont il avait besoin, c’était le temps : il lui fallait du temps pour organiser son armée en vue de cette lutte difficile. Le prisonnier ne fut rendu que moyennant une trêve de neuf ans, qui fut scrupuleusement observée par les Magyars, malgré leur impatience.

Mais cette trêve ne concernait que la Saxe et la Thuringe : le midi de l’Allemagne fut souvent traversé pendant ces neuf ans, et les Hongrois inondèrent la Suisse actuelle et la Fi'ance du Nord. Le monastère de Saint-Gall conserva longtemps le souvenir de leur passage, tristement illustré par la mort de sainte Wiborade au pied de l’autel (925) 2. La Champagne cette fois ne put leur échapper : ils arrivèrent jusque près de Reims, et ne se retirèrent que devant les sérieux préparatifs de Raoul3. Tout cela n’empêchait point Henri l’Oiseleur de rétablir dans sa force primitive l’ancien lierrbann germanique, d’exercer au métier des armes la noblesse et la population urbaine, de protéger les villes par de nouveaux remparts, et de soumettre, dans une campagne d’hiver héroïque, les peuples slaves des bords du Havel. De son côté Zoltan, la trêve une fois expirée, et le roi de Germanie refusant tout tribut 4, se préparait à un immense dé-

1 . Widuchind dit simplement (Pertz, III, 431) : « quemdam ex prin- » cipibus Ungariorum. Ungarii vero ipsum in tantum dilexerunt, ut » pro redemptione illius immensa auri et argenti pondéra offerrent. »

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