Gcillia chrisliana , XIII, p
4. Il n'y a plus à réfuter sérieusement la légende du chien crevé donné par Henri l’Oiseleur aux ambassadeurs hongrois en guise de
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ploiement, de forces. Seulement, il eut l’imprudence de les éparpiller en Thrace, en Italie, au lieu de les concentrer sur l’Allemagne, et ce pays dut peut-être son salut à l’ambition juvénile et intempérante du prince ou des chefs de tribus. L’armée de Zoltân comptait surprendre en Tliuringe le roi des Germains qui relevait à peine d’une maladie grave. Elle demanda le passage aux Daleminces, d’anciens alliés, qui prévoyant sa défaite, ou peut-être ayant à se plaindre eux aussi de ses ravages, la reçurent sans empressement, mais ne la gênèrent pas dans sa marche.
Une fois en Thuringe les Hongrois se séparent, soit en vertu d'un plan stratégique, soit que la discipline commençât à fléchir : la plus petite troupe s’aventurant du côté de l’Ouest, se dispersa après une première défaite, périt de misère ou sous les coups des habitants. L’armée principale fut attirée du côté de Mersebourg par le bruit d’un mariage princier qui devait être célébré dans cette ville, et des trésors qui y avaient été réunis à cette occasion. Cependant le roi Henri venait camper près d’eux, à Riethebourg; et les Hongrois effrayés se mirent à rappeler leurs troupes éparses, suivant leur coutume, en allumant des feux de distance en distance. L’instant d’une bataille décisive approchait (931). Le fondateur de la maison de Saxe (il le fut véritablement dans cette journée), donna pour cri de guerre à ses soldats : Kyrie eleison, et marchant à leur tête contre l’ennemi, parcourut leurs rangs en leur parlant du secours divin qui ne
tribut. Cette légende provient d’une confusion entre deux faits qui se trouvent l’un et l’autre dans 'Widuchind : 1° les ambassadeurs ont été renvoyés avec mépris par Henri; 2° les Daleminces donnent à leurs alliés un cliien gras pour se moquer d’eux.
pouvait leur manquer, de leurs pères qu’ils devaient venger, de l’union nécessaire en face des barbares.
Il voulut rendre aux Hongrois une de ces ruses de guerre dans lesquelles ils étaient si habiles : par son ordre, une troupe thuringienne mal armée s’avança d’abord seule à la rencontre des cavaliers du Danube, et se fit poursuivre en se repliant sur l’armée compacte, stratagème fort bien combiné pour briser le premier élan si redoutable des Magyars, et pour produire le découragement dans leur esprit. Déplus, il avait muni ses soldats de grands boucliers, et leur avait commandé de recevoir sur ces boucliers la première bordée de flèches, puis de prévenir la seconde bordée par une attaque serrée et rapide. Les Hongrois, ne reconnaissant plus la manière de combattre des Allemands, furent pris de panique. Grâce au galop de leurs chevaux, la plupart échappèrent; mais le siège de Mersebourg était levé, le camp avec tout le butin qu’il renfermait, conquis sans effort, et tous les captifs remis en liberté1. La bataille de Mersebourg était pourl'Allemagne du Nord une grande victoire nationale,
1. Le récit de Widuchind et celui de Liutprand sont loin d’être identiques; mais ils ne sont pas inconciliables, et tous deux inspiren confiance, car dans leur ensemble ils sont conformes aux renseignements précis que nous ont donnés les observateurs byzantins et occidentaux sur la tactique magyare. On trouvera dans les Iahrbücher des deutschern Reichs unter Kœnig Heinrich de M. Waitz (Berlin 1863) une étude détaillée et savante de la bataille de Mersebourg et des sources qui permettent de la raconter. La méthode que nous avons suivie pour construire notre bref récit est toi fond la même, mais M. Waitz a on ne peut mieux fait voir le fort et le faible de chaque chroniqueur, on ne peut mieux discuté les questions de distances, de lieux, de composition des deux armées, qui concernent cet événement capital dans l’histoire do son pays.
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pour la Hongrie païenne un premier signe de décadence et la perte de son prestige.
D’après les chroniqueurs, sept guerriers prisonniers auraient eu les oreilles coupées par l’ordre de Henri, et auraient été renvoyés dans leur patrie afin d’y répandre l’épouvante par leur hideux aspect. Leurs compatriotes, indignés de ce qu’ils avaient accexitô la vie à ce prix, les auraient condamnés à perdre tous leurs biens, à se séparer de leurs familles, et à quitter nu-pieds le pays en mendiant sur la route1..
A peu près en même temps, deux armées attaquaient l’Europe méridionale. L’expédition de 934 contre l’Empire grec présente un plus haut degré de certitude historique que l’invasion contemporaine d’Arpad ; elle est confirmée par les écrivains de Byzance et par Maçoudi : le savant musulman attribue même aux Hongrois une sanglante victoire2, mais il est probable que la cour d’Orient lutta avec ses meilleures armes, l’habileté diplomatique et l’attrait des présents : le protovestiaire Tliéophane parvint ainsi à écarter le péril, et quelques années plus tard il y réussit de nouveau 3. Les Italiens recoururent aux mêmes moyens de défense : le roi Hugues se débarrassa d’une troupe magyare moyennant une grande somme d’argent, des otages et des guides pour la conduire en Espagne4, entreprise qui n’eut pas de résultat.
Zoltan, malgré sa défaite en Thuringe, n’avait pas renoncé
1. Thurôczy, II, cli. ix : ces malheureux gardèrent le surnom méprisant de Magyarkak.