‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 80 sur 179 · Fejér, II et III. passim · texte numérisé non relu

Fejér, II et III. passim

drale, et menaça le prélat coupable de trahison : pour ce fait, et malgré l’appui que le pape avait accordé au roi contre son père, il reçut d’innocent une lettre pleine de hauteur. Le principe de l’inviolabilité ecclésiastique ayant été violé, ce message n’avait rien d’élonnant ; mais on voit avec quelque surprise la cour de Rome menacer un prince de lui retirer ses droits de succession, et le roi lui-même solliciter du pape le droit de se faire relever par les évêques de son parti des excommunications prononcées par les évêques du parti opposé.

L’anarchie recommençait en effet : les uns tenaient pour André, les autres pour Emmeric, lequel venait d’épouser Constance, fille du roi Alphonse d’Aragon, alliance lointaine qui amenait un nouveau ban d’étrangers. Le roi vainqueur poursuivait son frère en Autriche (1 199), lorsqu’il fut arrêté par L intervention d’un légat et de l'archevêque de Mayence1. Les deux frères devaient partir pour la Terre Sainte et laisser la régence à l’archiduc Léopold. Ce projet bizarre ne fut pas exécuté, tous deux restèrent, et les motifs ne leur manquèrent pas pour cela dans les premières années du treizième siècle, avec l’approbation et même à la satisfaction d’innocent III. En effet, la cour de Rome voulait rattacher à l’Eglise latine, en les séparant de l’Église grecque, les peuples incertains de la Bosnie, de la Servie, de la Bulgarie, et écraser du même coup l’hérésie des Pa tarins, sorte d' Albigeois orientaux qui exerçaient sur l’Occident et la Hongrie quelque influence et quelque propagande2. De là, plusieurs

1. Sur ces querelles, v. dans Pez. I, Chronicon clauslro-nco-bur qense et Chr. Arenpeckii , a. 1199-1203.

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