‹ Histoire générale des Hongrois (tome 1)Chapitre 88 sur 179 · Geschichte del goldenen Horde, Pesth · texte numérisé non relu

Geschichte del goldenen Horde, Pesth

4. Helmæstadii, 1855, in-4°, dans Reiner Steinheimius : sur les

LES ROIS DE LA RAGE D’ARPAD

un court chapitre gâté par des erreurs matérielles qui surprennent chez un auteur presque contemporain. Le peu de notions que l’Orient nous donne sur cette question spéciale, sont faites pour y introduire plutôt l’obscurité que la lumière.

En revanche, du côté des vaincus et des étrangers, témoins effrayés de l’invasion, les documents abondent. Un ecclésiastique hongrois, Roger de Vârad, qui fut prisonnier des Mongols et réussit à s’enfuir, a raconté dans son Carmen miserabile , sa lamentable odyssée et la désolation de ses frères h Julien, l’un des religieux envoyés sur les bords du Volga par le roi Bêla IV, a fait connaître à l’avance les ennemis qui allaient assaillir sa patrie2. Thomas de Spalato termine son Hisloria Salonilana 3 par la description du fléau qui est venu, sous ses yeux, ravager la côte de Dalmatie. L’écho en résonnait au loin, jusqu’en France, où Vincent de Beauvais 4 surtout, après le voyage de Plan Carpin 5, se préoccupait

Tartares à partir du ch. xvi. — V. surtout le ch. xxi de Baydo , (Batou, que Haython dit être le fils de Ogodaï, et qu’il fait mourir dans les flots de la Mardi, double erreur : l’auteur est pourtant né vers le milieu du treizième siècle).

1. Rogerii Hungari, varadiensis (de Vârad, ou Gross-Wardein) capituli cano?iici miserabile carmen , dans Schwandtner, I, 292-321 .

2. V. Erben, Regesta Bohemiæ et Moravia* y Prague, 1855, in-4*, I, p. 474-476.

3. Thomce archidiaconi Historia Salonitana9 dans Lucius, chapitres xxxvii à XL.

4. Spéculum historiale j liv. XXXI et XXXII (reproduits dans Reiner Steinheimius à la suite de Haython).

5. Relation des Mongols ou Tartaresy par le frère Jean du Plan de Carpin, précédée d’une notice par M. d’Avezac, Paris, 1839, p. 461 et suivantes.

des Tartares; jusqu’en Angleterre, où Mathieu Paris1, avec bien plus de critique et de science, recueillait curieusement tous les documents utiles. Dans les siècles suivanls, on voit à l’œuvre les chroniqueurs des pays voisins 2, en Bohême Dubrawsky 3, en Pologne Dlugosz 4, en Italie Dandolo 5 6, pour ne pas laisser périr le souvenir de ces faits douloureux.

Il y a bien un danger dans ces impressions vivaces et profondes des témoins, et plus encore dans la tradition toujours encline à la légende : on ne saurait nier qu’il n’y ait dans tous ces ouvrages beaucoup de déclamation et probablement aussi quelques atrocités gratuitement attribuées aux Mongols, déjà trop riches de leur propre fonds. Aussi devonsnous accorder plus d’importance encore aux pièces officielles, aux lettres des deux grands lutteurs Frédéric II et Grégoire IX, à celles du roi Bêla IV et de ses sujets pour implorer du secours, lettres conservées dans divers recueils0. Il est enfin des documents plus froids et plus positifs, ceux que l’on trouve dans le Codex diplomalicus Hun-

1. Ilistoria major, ed. Wats, Londres, 1640, ou Paris, 1644 (V. aussi la traduction de M. IIuillard-Bréliolles, t. V, Paris, 1840); une partie des documents se trouvent dans le texte (ann. 1240 et suiv.), les autres dans les additamenta.

2. Les chroniqueurs nationaux du quinzième siècle, Thuréczy souvent détaillé et intéressant (ch. lxxiv), et Ranzani (index XV), ne disent presque rien des Mongols — Bonfînius (Déc. II, liv. VIII), ne fait guère que paraphraser le Carmen.

3. Dubravii, Ilistoria Boiemica, Bûle, 1575, in-f°, p. 149 et suiv.

4. Dlugossi, Historiœ Poloniæ, Francofurti, p. 1771,in-f°, liv. VI, p. 670 et suiv.

5. Danduli Chronicon Venetum, dans Muratori, XII, p. 354 et suiv.

6. Erben 1. cit., Lucius 1. cit. Matth. Paris additamenta, Raynald Ann. Ecc. V, aussi dans Fejér, et dans les annales de Pray.

LES ROIS DE LA RACE D’ARPAD

gariæ , de Fejér *, et ceux que continuent à recueillir l’archéologie et la paléographie hongroises 1 2 : des allusions précises à des faits déterminés, telle nouvelle construction élevée sur les débris dispersés par les Tartares, telle récompense accordée à un noble, à une cité, qui a sauvé la vie du roi ou arrêté les envahisseurs.

La science du dix-neuvième siècle avait encore bien des lacunes à combler, en dehors même de la recherche et de la publication des diplômes. La philologie devait interroger la langue et l’écriture des Mongols sur leur origine, sur l’extension de leur race, sur leurs relations ethnographiques particulièrement importantes lorsqu’il s’agit de la Hongrie; telle a été la mission de Schmidt en Allemagne, en France d’Abel Rémusat et actuellement de LéonFeer3. Les historiens magyars ont tous consacré à ces fatales années des pages émues et patriotiques4. Les Slaves de Bohême et de Moravie, M. Palacky 5 surtout et M. Dudik6 ont célébré avec beaucoup d’éloquence la résistance de leurs aïeux, et ont provoqué sur quelques points la critique du

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