‹ Histoire Générale des peuples de l'antiquité a nos joursChapitre 112 sur 344 · TITUS · texte numérisé non relu

TITUS

« les délices du genre humain », ne fit que passer sur le trône.

Son nom demeure hé d’une manière touchante à celui de la Juive Bérénice, qu’il renonça à éjrouser [lour raison d’État.

L’éruption du V’ésuve ciui engloutit Pompéi, 1 lerculanum et Stables, une peste, Rome en partie brûlée.

Avec les Antonins, un principe nouveau, l’adoption, exalté par les contemporains (Tacite, Pline le Jeune) , devient la règle pour la succession à l’Empire. Heureuse fiction à laquelle le monde devra un siècle de prospérité. Tacite dit des Antonins « qu’ils unirent le principat et la liberté ».

NERVA (96-98) était un vieux sénateur que ses collègues désignèrent pour succéder à Domitien. Il rappela les bannis, châtia quelques délateurs, consulta le Sénat, et, dernier bienfait, adopta Trajan.

TRAJAN (98-1 1 7). — C’était un Espagnol qui avait fait sa carrière dans les légions. Il s’inspira de l’esprit de son père adoptif. Tout en exerçant lui-même le pouvoir, et très minutieusement, comme le montre sa correspondance avec Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie, il associa le Sénat au gouvernement, rappela les grandes familles à la vie politique, s’attaqua énergiquement à la délation, rendit une justice exacte et bienveillante. Il organisa un ingénieux système d’assistance aux enfants pauvres de condition libre, qui, en même temps, venait en aide à la petite propriété agricole, et, pour rétablir les finances des municipes, créa un corps nouveau de fonctionnaires, les curatores reipublicœ. Rome fut dotée d’un nouveau forum avec des bibliothèques, une basilique et la colonne célèbre où sont retracées les scènes de la campagne contre les Daces. Il agrandit le port d’Ostie, creusa ceux d’Ancône et de Centumcellæ {Civila V ecchia) , jeta un grand pont sur le Danube et fit exécuter dans les provinces de nombreux travaux d’utilité publique. Grâce à cette haute conscience d’administrateur que vivifiait une bonté sans faiblesse, Trajan mérita d’être désormais offert comme un modèle aux empereurs à qui, lors de leur avènement, le Sénat souhaitait d’être « plus heureux qu’Auguste, meilleurs que Trajan ».

Trajan conduisit deux guerres dont le succès fut bien différent. Le cours du Danube, garni de forteresses, constituait la frontière orientale de l’Empire, mais, sur le bas Danube, les Barbares de la rive gauche, les Daces, troublaient par leurs incursions la sécurité de la rive droite. Pour la sauvegarder, il était nécessaire d’établir au delà du fleuve une zone protectrice. C’est ce que réalisa T rajan en deux camjragnes mémorables, en 101 et 1 02 et en 105. La Dacie conquise fut jreujilée de colonies, une légion y fut installée, et la civilisation romaine s’y implanta si bien qu’en déjnt de la durée relativement courte de l’occupation, elle est restée, sous le nom de Roumanie, un pays de langue et de civilisation latines.

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