MARC-AURÈLE
Marc-Aurèle fut plus vertueux encore qu’ Adrien et moins belliqueux que Trajan. L’austère philosophie, qu’il a condensée dans l’admirable livre des Pensées, ne l’empêcha pas de se consacrer aux devoirs de sa charge. Il s’associa, avec le titre d'Auguste, son frère L. Verus. C’est la nouveauté de son règne. Il poursuivit l’œuvre législative de son père. Et cependant il persécuta les chrétiens, triste contradiction avec l’esprit d’humanité qui anime cette époque et ces empereurs.
A l’extérieur, ce prince philosophe eut une rude tâche à soutenir, tandis que des fléaux naturels, inondations, peste, tremblements de terre, accablaient Rome et l’Italie. Les Parthes repi'irent les armes; Avidius Cassius les combattit avec énergie. Mais déjà le monde barbare s’ébranlait. La ligne du Danube fut rompue, les Germains parvinrent dans l’Italie du Nord, l’Orient fut coupé de l’Occident. L’empereur fit face à tous les périls, mais le trésor était épuisé. Tout son effort portait sur le Danube, quand une sédition de Cassius l’obligea à conclure une paix précipitée et à renoncer à donner à l’Empire la solide barrière des Carpathes. Cassius fut tué au bout de trois mois par ses propres soldats. Après avoir célébré à Rome un triomphe, Marc-Aurèle revint mourir dans son camp de Vindobona. La peste avait enlevé Verus en 1 69.
COMMODE (180-192), faible d’esprit et sanguinaire, fut son triste successeur. Il conclut avec les Marcomans une paix honteuse et revint établir à Rome un régime de terreur et de favoritisme, dont le poignard la délivra. A l’adoption, Marc-Aurèle avait eu la faiblesse de préférer l’hérédité naturelle.